American Psycho (2000) de Mary Harron fait parti de ces films que l’on a envie de voir et aduler dans son adolescence edgy, quelque part entre Orange Mécanique (1971) et Fight Club (1999). Ce film culte résiste-t-il aux années ? Quelques réflexions dessus.
Marry Harron est une réalisatrice canadienne, née au début des années 50. En 1996, elle tourne son premier film I Shot Andy Warhol, dédiée à Valerie Solanas, écrivaine auteure du SCUM Manifesto et d’une tentative de meurtre sur l’artiste newyorkais. Pour son deuxième long métrage, elle s’attaque à un sujet tout aussi explosif: une adaptation d’American Psycho de Bret Easton Ellis. Si l’auteur californien a un succès important en librairie, les réalisateurs semblent souvent avoir quelques difficultés à retranscrire l’esprit des romans à l’écran.

American Psycho (2000) ne semble pas échapper à la règle. Je n’ai pas lu le livre, mais il manque visiblement quelques clefs pour appréhender le sujet de manière propice. En l’état, American Psycho fait trop d’éclipses pour que le film arrive à décrire quelque chose de plus profond que ce qu’il montre déjà. Le début est particulièrement réussi, les scènes cultes s’enchaînent. On pense forcément à la mythique séquence de présentations des cartes de visite, la morning routine détaillée ou aux différentes descriptions musicales (et le plan sur la chaîne hi-fi !). Christian Bale est parfait en Patrick Bateman, il porte à lui tout seul le film !
Dans sa deuxième moitié, American Psycho pêche un peu. On comprend bien le propos. Il s’agit d’une critique du capitalisme le plus sauvage et de la superficialité de certains milieux. Pour autant le film peine à donner corps à tout cela. La fin est, pour moi, particulièrement ratée. Le changement de registre opéré dans les dernières minutes (à partir de la scène de la visite d’appartement par exemple) ne fonctionne pas.
Je suis donc un peu partagé sur American Psycho. Le casting est excellent (Jared Leto, Chloë Sevigny, Willem Dafoe, Reese Witherspoon etc.), le propos est intéressant/percutant mais quelque chose fait défaut à tout cela. Peut-être aurait-il fallu un film plus long ou à l’inverse mettre de coté certains éléments de l’intrigue ? Indéniablement un film culte, emblématique de la période (début 2000), à voir mais pas nécessairement à revoir.
note personnelle: 3,5/5







