Je me rends compte qu’à part son dernier film (Gérald Le Conquérant), j’ai vu tous les films réalisés (ou co-réalisés) par Fabrice Eboué ! Après le surprenant Coexister (2017) évoquons ici même son avant-dernier projet, paru en 2021: Barbaque.
Fabrice Eboué a une approche de la comédie assez rare en France de nos jours. À l’inverse de certaines propositions tièdes – celles où on retrouve Christian Clavier venu prendre son chèque – Fabrice Eboué tente un peu de nous bousculer. Chez le comédien tout le monde est renvoyé dos à dos dans ses travers. Peut être qu’Eboué pourrait y aller encore un peu plus fort, mais ses films sont une brise de vent frais dans un univers parfois trop timoré.
Que l’on aime ou non, le comédien a développé un style avec ses différentes réalisations. Barbaque ne déroge pas à la règle et pousse même un peu plus loin le curseur. On sent que le travail de réalisation est un peu plus ambitieux et soigné qu’à l’accoutumé. Il y a de jolis plans, une colométrie plus travaillée que dans ses précédents films.
Barbaque fera bien sûr hurler les vegans ici caricaturés mais sera aussi moqué par celles et ceux pas capables d’aller au delà du pitch (bien con mais c’est ça qui est bon). Dans les faits, le film n’est pas tendre avec les uns et les autres. La caricature des vegans est un poil trop exagéré et manque d’un peu de vérité. Je ne trouve pas cela négatif, au contraire, cela évite au film de devenir trop réaliste et hargneux.
Oui, Barbaque n’a pas la volonté d’être juste, moral ou même vraisemblable. Le film est une fantaisie, une comédie horrifique bien menée. Le film rappellera par exemple C’est Arrivé près de chez vous (1992) ou Delicatessen (1991). Il m’a aussi fait penser à Serial Mother (1994) de John Waters, du moins les souvenirs lointain que j’en ai (qui doivent remonter à 30 ans).
Une fois le contexte accepté, on peut se laisser porter par Barbaque. L’humour est grinçant, le duo de comédien formé par Marina Foïs et Fabrice Eboué très bon. Mention dans les seconds rôles à Stéphane Soo Mongo qui fait une partition délirante. La présence de Christophe Hondelatte dans son propre rôle (présentateur de FELA évidemment) est excellente, de même que l’intégration des extraits (factices) au développement du film.
Personnellement, j’ai beaucoup apprécié Barbaque. Je trouve qu’on est sur une proposition de comédie française un peu différente et singulière. Il est facile de la sous-estimer ou à l’inverse d’en attendre trop. Ce n’est pas un comédie écrite et à réalisée à l’arrache pour toucher la thune du CNC. Je pense qu’il faut se laisser porter par le film et non essayer d’y voir/coller ses propres obsessions. Par certains coté, Barbaque me rappelle Problemos (2017) mais en un peu moins désordonné.
note personnelle: 4/5







