OPINION: Evacuer le FOMO

Le FOMO est un terme très populaire sur internet et les réseaux sociaux. Il signifie Fear of Missing Out soit la peur de rater quelque chose. Ce syndrome a été identifié à la fin des années 90/début des années 2000 dans la littérature scientifique autour du marketing (wikipedia). Depuis de nombreuses années, il gagne une certaine résonnance à travers les passionnés de séries ou tout simplement pour se tenir au courant de l’actualité.

Les origines marketing du FOMO ne sont pas anodines, ce principe est largement aussi présent dans le milieu de la passion pour les vinyles. Il nous pousse parfois à faire des achats inconsidérés ou à s’angoisser pour une nouvelle version d’un de nos albums préférés. Sans aller jusqu’à y renoncer complètement (il faut se laisser de l’espace pour se faire plaisir), le FOMO peut vite devenir toxique.

FOMO et vinyles

Depuis quelques années, les artistes mainstream comme les labels indépendants ont saisi l’intérêt de faire des éditions limitées en vinyle, en particulier avec les très populaires disques de couleur, notamment les versions les plus excentriques comme les fameux swirls ou splatter, souvent magnifiques.

Le ressort marketing est limpide: nous pousser à acheter immédiatement un album. Et cela fonctionne! Dans une économie complexe comme la nôtre, notamment pour les labels indépendants, cette astuce est au fond, tout à fait légitime. Elle nous conduit cependant parfois à agir avec passion plutôt que raison (c’est le but). Entre les mains de certains artistes, la quêtes des versions est devenue incontrôlable, poussant certains fans à acheter des albums en de multiples exemplaires.

Les versions les plus convoitées arrivent aussi très vite entre les mains des scalpers et autre revendeurs du marché secondaire. Eux contribuent à la sneakerisation du hobby. Ce FOMO prend alors des allures de course à un fétichisme du support.

De la charge mentale à la paix intérieure

Le FOMO a tendance à alourdir notre charge mentale. il faut guetter les drops, se tenir à l’affut. Tout cela se révèle stressant. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Chacun se fera son opinion, en tout cas rien ne vous empêche de prendre un peu de distance de temps en temps et vous laisser porter par la vibe plutôt que vouloir être systèmatique prems sur ce magnifique pressage swirl.

Prenez soin de vous, faites la paix avec vous même, sans pour autant vous interdire les achats plaisirs. Parfois il s’agit de prendre un peu de recul, ne pas se laisser embarquer par la frénésie de l’instant. Pour autant savoir rester spontané est important aussi. Je milite ainsi pour cette solution intermédiaire: savoir céder à ses pulsions de FOMO occasionnellement mais ne pas le faire systématiquement. Une manière de prendre le temps, peut être aussi emprunter des chemins de traverses et découvrir toute la richesse du hobby vinyle, la possibilité de découvrir de la musique autrement et plus spontanément.

PS: les scans des neuf 45 tours viennent de ma collection personnelle. Je les avais postés sur un ancien blog il y a 10-15 ans. À noter que les archives de Requiem Pour Un Twister sont toujours en ligne, pour les amateurs !

Le chat de la photo qui illustre l’article s’appelle Froe-Froe et on l’aime beaucoup!

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