Parfois on a envie d’une petite comédie romantique pour ne pas se prendre la tête, on pense alors à Une Nuit à New York de Peter Sollett sorti en 2009 mais le film vaut-il le coup même dans ce contexte ?
À l’origine Une Nuit à New York est un roman de David Levithan et Rachel Cohn intitulé Nick and Norah’s Infinite Playlist publié en 2007. Le livre a la particularité (d’où les deux auteurs) d’être écrit depuis le point de vue des deux protagonistes principaux. Ce principe est malheureusement peu mis en valeur dans son adaptation. Elle sort en 2009, avec Peter Sellett à la réalisation. Ce dernier gagne le grand prix du festival de Deauville en 2002 avec Long Way Home. Depuis Une Nuit à New York il a réalisé deux autres longs métrages, le dernier en 2022 (Metal Lords).
Sorti il y a une quinzaine d’années, Une Nuit à New York est un produit de son époque: une comédie romantique indie avec des protagonistes adolescents se dirigeant doucement vers l’âge adulte. Evidemment pour le rôle masculin principal, Peter Sellett a fait appel à Michael Cera, l’homme de la situation, déjà présent dans Juno (2007) ou l’excellent Supergrave (2007). Sa partenaire à l’écran est incarnée par Kat Dennings croisée dans Super Blonde (2008) ou 40 ans toujours Puceau (2005). Le casting est complété par Aaron Yoo, Rafi Gavron, Ari Graynor ou Jay Baruchel. Il y a aussi quelques caméos, notamment d’Andy Samberg ou Devendra Banhart. Saupoudrez le tout d’un inédit de Vampire Weekend dans la bande originale (placé au moment du générique) !
Une Nuit à New York joue donc la carte indie typique de la fin des années 2000 comme 500 jours ensemble, sorti la même année. Paradoxalement, cela rend le film un peu plus charmant tant ce style a complètement disparu des radars. Il a désormais une patine de son époque, attachante. Sans surprise, il est question de musique ! De compilations CD mais aussi d’un groupe queer dans lequel joue Michael Cera ou d’un mythique studio (Electric Lady) que dirige le père de Kate Dennings.
Nous suivons les aventures du futur couple ainsi que de leurs amis, en quête pour voir leur groupe préféré dans la grosse pomme. Nous les voyons ainsi déambulé dans les bars/clubs new yorkais et différents endroits de la ville américaine (une gare, un deli etc.). Le film se déroule sur une nuit (d’où le titre français très original) et se termine comme prévu avec la concrétisation du couple.
Une Nuit à New York a des qualités. Je trouve les seconds rôles attachants avec une performance vraiment drôle de Jay Baruchel par exemple ! Cet aspect du film est chouette. Il donne une énergie prenante à l’ensemble. Je trouve qu’en revanche le film fonctionne moins sur d’autres aspects. À commencer par le sujet principal: la relation amoureuse. Dans la comédie romantique, l’alchimie est essentielle, que ce soit à travers le choix des acteurs mais aussi (et surtout) la manière de raconter l’histoire. Ici pour moi cela ne marche pas. Parfois j’ai l’impression que ces deux adolescents sont vus par des adultes. Un Jour à New York n’évite pas non plus un autre écueil assez classique: mettre beaucoup de musique pop pour paraître cool. On est complètement dans le registre de Good Morning England (2009, décidemment !) ou Empire Records (1995) ! D’ailleurs comme dans ce dernier (une reprise par Evan Dando), il y a l’inévitable référence à Big Star (le film démarre sur un morceau de Chris Bell).
Une Nuit à New York n’est pas un film essentiel mais reste une œuvre sympathique si tenté que l’on regarde pour ce qu’il est: une capsule temporelle de la fin des années 2000. Son enthousiasme ne parvient pas à effacer complètement ses défauts. Son écriture est poussive mais ce n’est pas désagréable non plus à regarder !
note personnelle: 3/5







