CINEMA: « OSS 117, Le Caire, Nid d’Espions » (2006) de Michel Hazanavicius

OSS 117 a beaucoup de point commun avec 007: Hubert Bonisseur de La Bath est issu d’une série de roman d’espionnage écrite par Jean Bruce puis sa femme (Josette Bruce) et ses enfants. Comme James Bond, le Français travaille pour les services secrets. Cependant, les aventures romanesques d’OSS 117 précèdent celles de James Bond de 4 ans !

Dans les années 50/60, l’espion au service de la France est régulièrement adapté au cinéma ou à la télévision mais sa figure ne marque pas autant les esprits que les aventures de son collègue britannique. En 2006, quand Michel Hazanavicius reprend la franchise OSS 117, il dispose donc d’une grande liberté pour recréer le personnage d’Hubert Bonisseur de La Bath. Connu pour le fameux La Classe Américaine (1993), le réalisateur français n’a qu’un film (au cinéma) à son actif avant Le Caire, Nid d’Espions (2006) mais a longtemps travaillé chez Canal +.

Pour raviver l’agent secret, Hazanavicius fait appel à Jean Dujardin. Absolument impossible d’imaginer quelqu’un d’autre tant l’acteur français a cette présence et cette masculinité (modernisée heureusement) que l’on retrouve chez des acteurs comme Sean Connery. Venant de la comédie, Jean Dujardin était vraiment l’homme de la situation et parfait pour le rôle. Le casting de ce premier épisode est complètement par Aure Atika et Bérénice Bejo dans les autres rôles principaux. Derrière eux, une pléiade de seconds rôles, souvent un peu moins connus mais très bons: Claude Brosset, Constantin Alexandrov, Saïd Amadis ou François Damiens !

Hazanavicius utilise cette page blanche pour créer un pastiche de films d’espionnage. Les références les plus évidentes sont évidemment le Casino Royal de 1967 (le faux-vrai James Bond) et la série Austin Powers (1997-2002). Se déroulant dans les années 50, le film est l’occasion de pointer du doigt la misogynie et le racisme de l’époque. C’est plutôt bien vu !

Globalement OSS 117, Le Caire, Nid D’Espions est un film sympathique mais souffre tout de même de quelques défauts. Je trouve que le film manque d’un peu de rythme et de folie visuellement. Dans les James Bond, on apprécie cette bacchanale de lieux filmés avec moultes détails. Ici l’ensemble fait un peu chiche. On image que les moyens furent un peu plus modestes que pour les suites. Peut être plus grave, je trouve que le scénario est un peu simpliste, cela manque d’un peu de tension. On aimerait une histoire qui porte un peu plus l’ensemble. Il y a de très bons gags, des phrases cultes mais l’ensemble manque tout de même d’un petit truc plus cohérent. En revanche, visuellement on y est, la musique originale (de Ludovic Bource et Kamel Ech-Cheikh) est également excellente. Les seconds rôles sont aussi excellents et parfaitement raccords avec l’esprit.

OSS 117, Le Caire, Nid d’Espions est une sympathique comédie française sur un thème peu courant de l’espionnage. L’ambiance est très réussi ainsi que certaines scènes. On comprend tout à fait son statut de film culte. L’œuvre manque cependant d’un peu de liant selon moi pour aller au delà. Il est plus comparable à Casino Royale (1967) qu’aux Austin Powers.

note personnelle: 3,5/5

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