Après Backwater Collage en 2024, James Hoare revient en solitaire, pour la deuxième fois, sous le nom de Penny Arcade. En plus de sortir chez Tapete, Double Exposure s’inscrit dans la continuité du précédent album, mais aussi des derniers disques de Proper Ornaments. Peut-être est-il temps de venir quelque peu troubler cela ?
Depuis bientôt vingt ans et les premiers singles de Your Twenties, le Britannique James Hoare écrit, à son rythme, de jolis disques, que cela soit avec Veronica Falls, Ultimate Paintings ou Proper Ornaments. Aucun faux pas, beaucoup de réussites mais peut-être, à force, beaucoup d’habitudes prises: James Hoare a trouvé son rythme de croisière, bien pépère. Il décline dorénavant sa pop à intervalle régulier, sans stresser.
Penny Arcade évoque désormais John J.J. Cale. Si James Hoare doit carburer au thé, musicalement il s’éprend de l’Heroin du Velvet Underground et de la Cocaine, de l’auteur de Naturally. La pop de l’Anglais, installé à Marseille, a quelque chose de très laidback, tout en gardant de la tension (un peu). Sous un soleil de plomb, la menace n’est jamais totalement éloignée : à l’image de la cité phocéenne donc ?
Double Exposure est soigné, délicat, gracieux. Difficile de lui reprocher quoi que ce soit même ! Paradoxalement c’est aussi son principal défaut: Penny Arcade ne cherche plus à creuser de nouveaux sillons, ni expérimenter avec sa grammaire. L’ensemble est donc très plaisant mais manque aussi d’un peu de danger. Ce nouvel album vire à la redondance, quand on le replace dans le contexte plus large, de la discographie de James Hoare. Il manque un ou deux éclairs de génie pour totalement sortir de notre torpeur. On donnerait tellement pour être un peu plus surpris, avoir ce petit frisson qui parcourt l’échine. Ici tout roule merveilleusement bien, au point de ne plus faire attention aux (jolis) paysages par moment.
note personnelle: 3,5/5







