Quelque pionniers sont britanniques, mais le psychédélisme est d’abord un courant contestataire étatsunien. Il arrive en Angleterre comme le punk le fera dix ans plus tard: les Britanniques se réapproprient le style, y mettent leur propre sensibilité.
Le psychédélisme est la bande originale du Swingin’ London des années 1966-1967. Les anciens mods échangent leurs costumes pour des fringues de chez Biba ou Granny Takes a Trip. Toute l’aristocratie pop suit, la base un peu moins. Les Britanniques développent néanmoins un son unique et très spécifique. Ces dix morceaux en expriment d’ailleurs la quintessence ! La période psychédélique est très courte, dès 1968-1969, le son du hard rock de Led Zeppelin est la nouvelle lubie des gens branchés.
En photo: Pink Floyd à l’UFO Club.
01 – Tomorrow « My White Bicycle » (1967)
Le groupe londonien Tomorrow, avec un certain Steve Howe (future-Yes) font les beaux jours de la discothèque psychédélique UFO Club avec Pink Floyd ou Soft Machine. S’ils n’ont pas le succès des deux groupes précités, leur unique album est des meilleurs témoignage du psychédélisme britannique comme en témoigne My White Bicycle, sorti en single en 1967. Cette chanson est inspirée du mouvement anarchiste Provo, populaire aux Pays-Bas dans les années 60.
02 – Pink Floyd « See Emily Play » (1967)
Pink Floyd a ses débuts est une des têtes d’affiche du mouvement psychédélique britannique. Avec des singles comme la géniale See Emily Play, le groupe pose les bases d’un son typiquement anglais, parfois qualifié, par les amateurs, de popsike.
03 – The Yardbirds « Happenings Ten Years Time Ago » (1966)
Dans l’émergence de la musique psychédélique certains groupes déjà existants ont eu un rôle important. Je pense aux Beatles bien sûr mais aussi aux Byrds et aux Yardbirds. En plus d’avoir eu une énorme influence sur la scène garage-rock nord-américaine, le groupe de Jimmy Page et Jeff Beck a sorti quelques classiques du psychédélisme comme la géniale Shapes of things et bien sûr Happenings Ten Years time ago.
04 – The Beatles « Rain » (1966)
En parlant des Beatles, en 1966 ils sortent le classique Revolver mais aussi le 45 tours avec Paperback Writer en face A et la culte Rain en B !
05 – Dantalian’s Chariot « Madman Running Through the Fields » (1967)
Formé par le pionnier du british R&B Zoot Money, Dantalian’s Chariot raccroche au wagon du psychédélisme de la plus belle des manières avec le classique underground Madman Running Through the Fields. À noter qu’un certain Andy Summers, oui celui de The Police, était membre du groupe.
06 – The Pretty Things « Talkin’ About the Good Times » (1968)
Les Pretty Things ont toujours eu une carrière commercialement en dent de scie. En revanche on ne peut pas retirer au gang de Phil May et Dick Taylor d’avoir été créatif ! SF Sorrow est généralement considéré comme l’un des premiers opéra-rock de tous les temps ! Talkin’ about the Good Times est un single sorti à la même époque et un fabuleux témoigne de la phase psychédélique du groupe.
07 – Donovan « Season of the Witch » (1966)
Donovan était souvent comparé à Bob Dylan à ses débuts. Pourtant au milieu des années 60, l’Ecossais trouve son propre style et participe à sa manière au psychédélisme anglais avec deux albums classiques de la période Sunshine Superman (1966) et Mellow Yellow (1967). Dans un autre registre, Donovan enregistre aussi la fantastique Hurdy Gurdy Man en 1968, un morceau hard rock pas piqué des hannetons !
08 – The Kinks « See My Friends » (1965)
La contribution la plus ancienne de cette sélection est due aux Kinks. Le groupe beat signe, en 1965, avec See My Friends une sacrée curiosité ! Construite autour d’un bourdon de sitar, le morceau préfigure le psychédélisme.
09 – The Rolling Stones « Citadel » (1967)
Le virage psychédélique des Rolling Stones est souvent considéré comme opportuniste, il n’empêche que le gang de Keith et Mick en avait sous la semelle, comme en témoigne Citadel. S’il n’est pas parfait, Their Satanic Majesties Request reste un des très bons albums des Stones mais aussi de la période.
10 – The End « Shades of Orange » (1968)
En plus des Stones, Bill Wyman produit l’unique (et excellent) album de The End. Shades of Orange, parue en 1968 (l’année précédente) en donne un excellent avant-goût. Une partie du groupe fonde ensuite Tucky Buzzard, bien connu des fans de hard rock britannique !







