PLAYLIST: Punk Français (1976-1981)

Après le punk britannique (playlist) et le punk nord-américain (playlist), intéressons nous à la France. Comme pour tous les styles musicaux électriques (beat, rock & roll, indie etc.), à part peut-être le rock progressif, la France a eu du mal à reconnaître les siens. Pourtant certains groupes ont fait honneur au genre. Cette sélection n’est bien sûr par exhaustive, mais plutôt inspirée de mes goûts personnels. Elle se focalise sur les groupes de première génération de la fin des années 70.

Paradoxalement, la France fut dans les années 70, un foyer du rock où de nombreux groupes internationaux trouvèrent refuge et une oreille attentive. On pense bien sûr aux Flamin’ Groovies chez Skydog (le label du truculant et toqué Marc Zermati). Les Halles, Paris, au milieu des années 70, aurait pu être l’épicentre de tout cela (Open Market, Harry Cover), mais ce ne fut pas le cas.

Si vous voulez creuser le sujet, quelques compilations:

  • Paink French Punk Anthems (2013, Born Bad)
  • Les Punks: The French Connection (2016, Soul Jazz)
  • plusieurs volumes de la série Thesaurus (Caméléon, 2017-204)
  • La France a Peur (Danger, 2017).

01 – Les Olivensteins « Fier de ne rien Faire » (Rouen, 1979)

Si je ne devais retenir qu’un seul morceau du punk français: Fier de ne rien Faire des Olivensteins. Les textes géniaux d’Eric Tandy, la voix de Gilles, les guitares de Vincent Denis: tout est parfait. Un coup de poing dans le bide à tous ceux qui pensent que le français ne peut être écrit avec ses tripes.

02 – Marie et les Garçons « À bout de souffle » (Lyon, 1977)

Avec les Olivensteins, Marie et les Garçons est un de mes groupes préférés de la période. Patrick Vidal a une manière très personnel d’approcher le français. Ses textes sont un peu plus obliques et construits comme des images. L’esprit du Velvet Underground plane évidemment sur la production du groupe lyonnais (qui se fait produire par John Cale !). Pour autant le patronage ne devient jamais non plus un servile hommage, Marie et les Garçons a tellement plus à proposer ! C’est tellement dommage que la production du groupe ait été aussi modeste. Mais Rien à dire, à bout de souffle est un chef d’œuvre du rock (ou du punk) de la période.

03 – Asphalt Jungle « Poly Magoo » (Paris, 1978)

Je continue avec un autre morceau que j’adore: Poly Magoo (un hommage à William Klein ?) des Asphalt Jungle. Rikky Darling et Patrick Eudeline ne sortent que trois singles à la fin des années 70 mais avec un titre aussi cool que ça, leur place au firmament du genre est assuré !

04 – Métal Urbain « Panik » (Paris, 1977)

Rikky Darling sera aussi de Métal Urbain au côté d’Eric Débris ou Clode Panik. Si Métal U est célèbre pour avoir insulter Philippe M. et Patrick E., leurs deux premiers singles sont des classiques absolus du punk français et international. Panik est ultra novateur pour l’époque avec son usage de la boîte à la rythme ! Il inspirera largement des groupes comme Big Black par exemple. Leur deuxième single a l’honneur d’être aussi la première référence de Rough Trade.

05 – Strychnine « Ex-Bx » (Bordeaux, 1980)

L’album de Strychnine, un des nombreux groupes bordelais en ST (Stalag, Standards, Stagiaires, Stilettos) est un des classiques du rock français. Un groupe élégant qui mériterait aussi d’avantage de reconnaissances.

06 – Soggy « Waiting for the War » (Reims, 1981)

Découvrons le rock & roll high energy de Soggy (Reims). Des cadors dans le genre ! Leur musique a séduit, récemment, jusqu’aux Amériques et c’est mérité.

07 – Gasoline « Killer Man » (Paris, 1977)

Gasoline (ou Gazoline) a sorti deux singles à la fin des années 70. À la tête du groupe, on retrouve le mythique Alain Kan dont la disparition en 1990 reste un des plus grands mystères du rock français. Un de nos huluberlus les plus précieux, à redécouvrir si vous aimez par exemple David Bowie !

08 – Starshooter « Betsy Party » (Lyon, 1978)

Un classique du rock français ! Starshooter est un des grands groupes rock de la période, au côté de Bijou ou Téléphone.

09 – Stinky Toys « Boozy Creed » (Paris, 1977)

il était difficile de passer à côté de Stinky Toys qui a eu l’honneur de jouer au 100 club à l’époque, à Londres. Dans le groupe on retrouve bien sûr Elli Medeiros au chant, Jacno à la guitare mais aussi Bruno Carone.

10 – Bye Bye Turbin « Olivenstein » (Caen, 1980)

Finissons sur l’excellente Olivenstein de Bye Bye Turbin ! Un autre groupe normand, mais de Caen dont le deuxième (et dernier) 45 tours est produit par Lionel Hermani de Mélodies Massacres.

BONUS – Loose Heart « Alone » (Paris, 1976/2014)

Bonus avec un morceau inédit à l’époque, enregistré en 1976 mais publié en 2014. Alone de Loose Heart est une pure tranche de rock & roll high energy à la Stooges. Absolument fantastique dans le genre. Dans le trio on retrouve Hervé Zénouda, Pascal Regoli et Pierre Cousseau. Tout ce beau monde est passé dans des groupes comme Angel Face (très recommandé), Strike Up, Stinky Toys, Guilty Razors, 84 flesh ou Suicide Romeo.

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