Sorti l’année dernière, Chien 51 est une tentative de science fiction à la française par Cédric Jimenez un spécialiste des films de flics musclés.
En effet, on doit au réalisateur français des films comme La French (2014), Novembre (2022) et bien sûr, son plus connu à ce jour, BAC Nord (2021). Avec Chien 51, une adaptation libre du roman de Laurent Gaudé, Jimenez s’attaque à la SF mais sans complètement s’éloigner de ses thématiques fétiches (les flics).
Disposant d’un budget confortable, le Français a aligné de la star à l’écran, à commencer par les deux rôles principaux tenus par Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos. Autour du duo, une pléiade d’acteurs, souvent dans des deux seconds rôles d’une durée modeste. Parmi eux mentionnons ainsi Romain Duris, Louis Garrel, Artus ou encore Valeria Bruni Tedeschi. Aligner autant de grands noms pour rassurer le public a selon moi l’effet contraire de celui recherché. Comme pour Le Téléphone Sonne Toujours deux fois (1985), dans un registre évidemment très différent, l’excès de têtes connues peut brouiller le message et détourner l’attention.
Ce casting 5 étoiles n’est pas le seul écueil de Chien 51. Pour une fois, je trouve le film presque trop court. Il manque clairement du contexte pour mieux comprendre et s’imprégner des enjeux. Là on doit accepter que la dystopie par principe. Le début me semble alors un peu laborieux. La partie enquête/flic du milieu du film est plus enthousiasmante mais la fin douche le soupçon d’espoir née juste avant !
Sur le plan des idées SF, Chien 51 m’a rappelé de nombreuses autres œuvres cinématographiques ou télévisuelles. Blade Runner (1982) est la plus évidente. Comme dans le film de Ridley Scott nous suivons une enquête, même si ici les références sont beaucoup moins orientées vers le film noir. Plus proche de nous, Chien 51 me semble devoir beaucoup au mésestimé Judge Dredd (1995). La comparaison ne tourne malheureusement pas en faveur du film français: la production américaine a bien plus de panache de mordant. Enfin, j’ai trouvé de nombreuses similitude dans le traitement de l’Intelligence Artificielle avec la chouette série Person of Interest (2011-2016). Malheureusement je trouve le traitement de l’IA plus intéressant et subtile dans la série, parue pourtant il y a déjà 15 ans !
Sur le côté enquête de flics, Chien 51 remplit pas trop mal le contrat. En revanche, la dystopie proposée manque d’originalité et de profondeur. Quelques articulations auraient été bienvenues pour étoffer un peu le propos. Je suis très heureux que le cinéma français contemporain s’intéresse à la Science Fiction, c’est tout à son honneur. Parfois c’est intrigant (Drone) d’autres fois catastrophiques (Planète B) mais c’est tout de même cool de s’y essayer. Chien 51 s’en sort correctement mais m’a quand même pas mal laissé sur ma faim. Il y avait vraiment mieux à faire avec ce casting (en tout cas les acteurs principaux) et ce pitch de départ.
note personnelle: 3/5
Anecdote: une partie de la scène au club dans l’Eglise (l’intérieur principal) a été tournée dans la Chapelle du Village Reille, située Impasse Reille dans le XIV arrondissement de Paris. Il y a aussi eu là bas quelques scènes du remake de The Killer de 2024 ainsi que dans la série Furies.







