Après un premier article passionnant sur le rock argentin en mai dernier, Matthieu revient avec un top albums pour l’année 2025. Une sélection commentée avec soin et précision par l’intéressé. Des choix forts différents des miens et donc très complémentaires. Saurez vous retrouver le seul album en commun sur les deux tops ? [AGF]

01. Oklou « Choke Enough »
C’est une évidence pour moi d’attribuer cette première place à Oklou. Certains disques s’accrochent à vous et ne vous lâchent plus jamais. C’est un son addictif, complètement envoûtant ; la musique que vous voulez écouter dès que vous vous sentez réceptifs à une émotion quelconque. Avec un peu de recul, ce qui me frappe dans « Choke Enough » est que c’est un album profondément rythmique alors qu’il n’y a presque pas d’éléments rythmiques à proprement parler. Oklou pensait d’ailleurs faire un album complètement dénué de drums au départ. Malgré l’ajout d’un minimum de structure rythmique que lui ont paru requérir les morceaux, la batterie (sous quelque forme qu’elle soit) est quasiment absente. C’est tout le reste qui vient la remplacer (voix, basse, synthés, à travers des mélodies entrecoupées), et qui forme un ensemble étrangement dansant, un groove unique en son genre. La composition d’Oklou semble très spontanée, intuitive, et réussit toujours à nous entraîner dans son univers. La production est à couper le souffle. Oklou fait partie de la galaxie hyperpop de PC Music, mais propose une musique entièrement originale, qui n’aurait pu naître que dans sa tête. Elle mérite plus que très largement le succès qu’elle a obtenu en 2025. La reine de Poitiers, indiscutablement.

02. Oneohtrix Point Never « Tranquilizer »
Daniel Lopatin n’est plus à présenter. Il a produit des superstars comme The Weekend et a écrit des BO de films relativement grand public. Et pourtant, sa musique en tant que Oneohtrix Point Never n’est pas si facile d’accès. Faite de collages musicaux, de samples obscurs, de travaux de synthé minutieux, elle peut parfois déconcerter. « Tranquilizer » est un de ses meilleurs albums ces dernières années, et qui incarne le mieux son style tout à fait unique. Moi qui n’aime pas énormément les musique « expérimentales », je me surprends parfois à aimer aussi instinctivement la musique d’OPN. C’est car il reste toujours fidèle à un principe de composition et à la mélodie. Et par dessus tout, c’est son univers sonore qui nous transcende et nous dépasse. Dans Tranquilizer, les sons aspirent mon âme et m’envoient dans le cosmos. C’est souvent à se demander comment il fait ça. Le finish de l’album, et plus particulièrement la dernière partie de « Waterfalls » est un sommet de musique. En 2025, OPN a été là pour nous rappeler qu’il est un des boss du game.

03. Pink Pantheress « Fancy That »
Comme d’autres dont j’ai parlé dans cette liste, PinkPantheress s’est fait une place bien à elle dans la pop actuelle. Elle livre avec « Fancy That » un disque court mais intense comme on les aime. Aucun morceau ne nous laisse perplexes ; c’est un shot d’adrénaline permanent. Comme souvent pour cette génération d’artistes, la production donne tout son relief à la musique. C’est une musique de club pervertie par une musicalité trop raffinée. « Illegal » est un des meilleurs morceaux de l’année, qui fait plonger dans l’album en une milliseconde sans avoir eu le temps de s’y préparer. Avec une présence sur les réseaux très aléatoire, PinkPantheress s’est fait connaître d’un public étrangement large pour son univers excentrique. Même si je ne comprends pas toujours sa fanbase, je suis ravi d’en faire partie.

04. ultra caro « Moonlight Diaries »
caro♡, devenu par je ne sais quel stratagème au-delà de ma compréhension ultra caro, reste l’artiste la plus sous-cotée de la scène hyperpop. Toujours dans l’ombre entre Planet 1999 (dont je rêverais d’entendre de nouvelles chansons) et son projet solo, caro a changé de nom mais pas d’univers musical. « moonlight diaries » est un nom assez représentatif de la musique que l’on entend. L’album alterne des morceaux calmes et d’autres plus rythmés, mais toujours très mélodieux. caro est une figure centrale de la scène PC Music, et son style distinct en est très caractéristique, sans doute sous l’influence du style de production d’A.G Cook. Ce style, on l’entend tout au long de « moonlight diaries », qui ne diffère pas énormément de ses derniers projets solo. Il fait de la voix un élément central, à la fois mélodique et rythmique, qui occupe plusieurs couches de le musique et qui, agrémenté de synthés, paraît prendre toute la place. Ces sortes de syncopes de voix, que l’on retrouve souvent chez les artistes de PC Music, a une influence énorme sur la pop moderne. Quoiqu’il en soit, cette dernière s’est distinguée ces dernières années et ses projets en solo sont constants dans la qualité et l’inventivité.

05. Guerilla Toss « You’re Weird Now »
Guerilla Toss, groupe formidable et qui gagne à être plus connu, est sur un streak d’excellents albums depuis plusieurs années. Leur univers et leurs chansons sont très pop, mais leur son abrasif n’est pas à même de leur faire remplir des stades. Avec « You’re Weird Now », nous avons peut-être une version légèrement (je dis bien légèrement) plus édulcorée de leur musique. Il y a également un certain aspect « post-punk » dans leur musique, qui ressort bien ici, et qui me ferait sans aucun doute aimer la scène post-punk actuelle si tous les groupes y avaient cette originalité. Avec des morceaux qui pourraient devenir des hymnes bizarroïdes (je pense particulièrement à « Red Flag to Angry Bull » ou « CEO of Personal & Pleasure »), l’album marque vite les esprits. Comme toujours, Guerilla Toss déborde d’idées et offre un univers sonore renversant.

06. Geese « Getting Killed »
Ma relation personnelle avec cet album est un petit peu compliquée. Concrètement, ça a été une déception pour moi et ça l’est encore un petit peu aujourd’hui. Et pourtant l’année 2025 dans l’indie est celle de Geese : ils sont en train d’exploser, et vont sans doute s’imposer comme l’un des groupes de rock les plus marquants de leur génération. Je les ai connus en 2023 avec 3D Country, et j’étais tombé amoureux de cet album à l’époque. Un album foisonnant, virtuose, que je trouvais beaucoup moins « coincé » que les albums indie qui avaient eu du succès cette année-là ou les précédentes. J’attendais donc la suite avec impatience, et pourtant « Getting Killed » est un album qui revient un peu dans le rang du post-punk de cette décennie. Un songwriting plus linéaire, à rebours du côté presque « prog » de 3D Country. A cet égard ça ne m’étonne pas, vu son public cible, que Geese ait beaucoup plus percé avec cet album que le précédent. Mais assez de méchancetés : à la réécoute, ma mauvaise humeur ne tient pas face aux qualités de l’album. Un groupe toujours aussi « en place », une synergie entre eux qui fonctionne à merveille (il faut les voir en live, c’est quelque chose), un sens de la composition vraiment épique qui amène des climax inoubliables. Instrumentalement, c’est un album dense, qui offre à chaque réécoute de nouvelles découvertes. C’est peut-être le grand disque rock des années 2020, que n’ont pas été certains albums un peu surévalués du début de la décennie. Même s’il est moins à mon goût que 3D Country, je pense que « Getting Killed » fera date.

07. fantasy of a broken heart « Chaos Practitioner »
Premier groupe à atterrir sur cette liste que je n’ai découvert qu’en 2025. « Chaos Practitioner » m’a fait connaître ce jeune groupe, qui est une de mes meilleures découvertes de l’année. Je vous vois venir, oui c’est un EP, mais ça on s’en fout, et ça me permettra de soutenir une opinion que je défend souvent, à savoir que les gens qui n’écoutent pas d’EP ratent plus de la moitié de la musique qui existe sur terre. En effet, « Chaos Practitioner » est un des disques que j’ai le plus écouté cette année, et dont je ne me lasse pas. Membres du groupe live de « Water From Your Eyes », dont je parlerai plus bas, le duo développe une musique singulière, assez hybride instrumentalement, et où les idées ne cadrent pas avec l’idée qu’on pourrait se faire de leur musique au départ. En effet, « Chaos Practitioner » part un peu dans tous les sens, mais l’ensemble est très cohérent, grâce à un songwriting raffiné, à une production colorée qui met en avant des sons étonnants, et surtout à une créativité débordante qui renouvelle en permanence l’énergie des morceaux. Je ne m’exprimerai pas sur la mélodie de « Victory Path », qui vous rappellera sans doute quelque chose.

08. Panda Bear « Sinister Grift »
Panda bear, qui est pour moi un musicien « all-time », impressionne par sa constance. Que ce soit pour ses albums solo ou son activité au sein d’Animal Collective, je suis un fan inconditionnel. On dirait que sa créativité est inépuisable, et « Sinister Grift » en est une autre occurrence. Avec les années, la musique de l’américain me semble de plus en plus accessible, et cet album le montre plus qu’aucun autre. Habitant à Lisbonne depuis de nombreuses années, Noah Lennox s’est peut-être laissé gagner par le soleil et la bonne humeur (c’était pas gagné d’avance). Les chansons sont plus gaies que jamais, l’ambiance estivale. Il y a quelque chose d’innocent dans la musique de Panda Bear, et cette caractéristique ne fait que se confirmer avec les années. En tout cas, on se régale toujours autant à l’écouter développer ses mélodies, ses harmonies de voix, et son style de musique à nul autre pareil.

09. Baths « Gut »
Un retour fort apprécié que celui de Baths, qui n’avait pas sorti d’album à proprement parler depuis un certain temps. Je l’ai découvert initialement grâce à la niche géniale d’anticon., et j’ai toujours apprécié sa musique. Au croisement de plusieurs styles musicaux et évoquant des thématiques personnelles, « Gut » ne diffère pas fondamentalement du reste de la discographie de l’artiste. C’est une vraie réussite que cet album, où les éléments de musique électronique cohabitent avec l’aspect pop-rock plus organique des instruments et de la voix. L’écriture est léchée et propose souvent de très belles choses. La musique sincère de Baths avec « Gut » était bienvenue dans le paysage musical de 2025.

10. Water From Your Eyes « It’s a Beautiful Place »
Encore un groupe new-yorkais, Water From Your Eyes est également une de mes meilleures découvertes de cette année 2025. Partageant des similitudes créatives avec « fantasy of a broken heart » que j’ai cités plus haut, la musique de Water From Your Eyes est plus punk et plus crue. Avec « It’s a Beautiful Place », le groupe ajoute à sa musique des éléments sonores surprenants, peu habituels dans ce style de musique. La courte introduction, « One Small Step », qui clôture aussi l’album et que je pourrais écouter en boucle pendant des heures, en est un bon exemple. En somme, cet album casse un peu les codes et montre que tout est possible, dans un genre musical trop souvent borné et conventionnel.
11. GFOTY « Influenzer »
La traduction musicale du shitpost, c’est GFOTY. Figure emblématique et pionnière de PC Music, GFOTY (Girlfriend of the Year) était là depuis le début. Si je ne m’abuse, la toute première sortie de PC Music en tant que label est un single de GFOTY. A l’époque sous l’influence directe de la production d’A.G. Cook, elle revient aujourd’hui avec un crew différent pour « Influenzer ». L’album est un condensé de pop hystérique comme on les aime, qui peut aisément faire comprendre pourquoi on a pu appeler ce style « hyperpop » au départ. GFOTY remue l’esprit PC Music en 2025, et rien que pour ça elle mérite largement sa place dans cette liste.
12. Tame Impala « Deadbeat »
Alors celui-là, je ne l’ai pas vu dans beaucoup de tops de fin d’année. Pour ne pas dire dans aucun top de fin d’année. Moi je l’aime bien cet album, que voulez-vous que je vous dise de plus. J’ai tout entendu à son sujet. Qu’il est mal produit : je ne trouve pas. Qu’il est fait à l’arrache : je ne trouve pas. Qu’il est cheap et sous-inspiré : je ne trouve pas non plus. Il est clair, pour aller un peu dans le sens de ses détracteurs, que Kevin Parker a perdu de sa superbe. Avant cet album, chaque disque de Tame Impala se serait retrouvé en haut de ma liste sans une once d’hésitation. Néanmoins, je pense qu’il a tenté quelque chose et que son génie n’est pas enterré. Si je n’adhère pas trop au tubesque « Dracula », qui semble être le seul morceau à sauver pour beaucoup de monde, j’aime beaucoup des morceaux comme « No Reply », « Piece of Heaven » ou « End of Summer ». Si j’avais découvert Tame Impala avec « Deadbeat » sans connaître ses albums précédents, j’aurais sans doute trouvé spontanément cet assemblage de morceaux original, entrainant et bien au-dessus d’albums moisis que j’ai vu passer à droite à gauche tout au long de l’année (ça c’était un peu gratuit, je vous l’accorde).
13. Black Country New Road « Forever Howlong »
J’en ai dit des choses désobligeantes sur Black Country New Road. Même si, au fond, j’ai toujours aimé le groupe, que j’ai suivi depuis le début et que j’ai vu en live sur leur première tournée en France, je n’ai jamais trop adhéré à la hype collective. Il faut dire qu’elle était pressante à la sortie du second album, que je regarde maintenant avec plus de considération, mais que je n’étais pas prêt à l’époque à accueillir comme l’album du millénaire que certains voulaient me vendre. Je vais faire une confession : au fond je crois que je n’aimais pas trop Isaac Wood. « Forever Howlong » confirme cette théorie, car j’adore cette nouvelle version du groupe où les filles chantent, où le songwriting de chacun dévoile tout son potentiel, et où l’harmonie du collectif semble plus que jamais au rendez-vous. « Besties », qui ouvre l’album, est un morceau superbe, qui annonce un renouveau et une direction que j’aimerais voir se confirmer dans les années à venir.
14. Haim « I Quit »
« I Quit » est un album que je n’aurais pas pensé aimer autant lorsque je l’ai lancé. Venant d’un groupe auquel je ne m’intéressais pas du tout, ce fut une agréable suprise. Avec un parfum de pop des années 2000 un peu juvénile, « I Quit » réussit tout ce qu’il entreprend. Sans originalité excessive dans les sonorités proposées, c’est néanmoins une très belle collection de morceaux, bien écrits et surtout très bien produits. Avec Rostam Batmanglij à la production, connu notamment pour son passé avec Vampire Weekend, les choses sont faites impeccablement et le charme de l’album lui doit beaucoup. « Relationships » est un des tubes de l’année, que j’aurais même aimé voir percer plus franchement.
15. Melody’s Echo Chamber « Unclouded »
S’étant fait connaître au moment où elle collaborait avec son ex Kevin Parker, lorsque celui-ci était au sommet de sa forme, aboutissant au sublime album « Self-titled » de 2012, Melody’s Echo Chamber avait un défi à relever en poursuivant sa carrière musicale sans son acolyte australien. Elle a bien évidemment prouvé par la suite qu’elle en avait sous le pied, et, toujours bien entourée, ses albums depuis ont gardé un intérêt certain. « Unclouded » est un très bel album, superbement arrangé et produit, où chaque chose est à sa place. La voix de Melody Prochet, qui a parfois été comparée à Margo Guryan, garde son charme suave et enchante. Sans surprise ou changement de style quelconque, Melody signe un des plus beaux albums de l’année.
16. Danny Brown « Stardust »
J’aurais pu mettre Danny Brown plus haut pour « Stardust », mais certains morceaux me laissent un peu froids. A l’inverse, certains font tout simplement partie des meilleurs morceaux de l’année, comme « Copycats », peut-être le meilleur morceau produit par underscores jusqu’à ce jour et qui me fait beaucoup espérer pour son prochain album. Disons le, même si Danny Brown est un rappeur intéressant, ici c’est le personnel qui fait le taff. Lucide et curieux musicalement, il a invité du beau monde, et propose des morceaux qui sont souvent de la pop pure. Au fond, je n’ai pas tellement envie d’entendre Danny Brown rapper ici, et c’est plutôt ses featurings qui font la matière de l’album.
17. Sega Bodega « I Created the Universe So That Life Could Create a Language So Complex, Just to Say How Much I Love You »
Pour le coup, c’est un album assez inattendu de la part de Sega Bodega. Avec un nom à tomber par terre (mais mignon) « I Created the Universe So That Life Could Create a Language So Complex, Just to Say How Much I Love You » dénote clairement dans sa discographie. Sega Bodega, en tant qu’artiste et producteur, est plutôt connu pour une pop maximaliste assez proche de la scène hyperpop. Rien de tout ça ici, mais plutôt une musique ambient aux accents mélodiques. C’est tellement bien dans le genre qu’on croirait qu’il a fait ça toute sa vie. Plusieurs morceaux magnifique composent un ensemble méditatif aux textures profondes, avec des sommets comme « 1500-1880k », l’un de mes morceaux préférés de l’année.
18. Dijon « Baby »
Avant de commencer, je me dois de dire : pire nom d’artiste de l’histoire de l’humanité. Je veux bien que ce soit son prénom, mais c’est précisément pour ça que les noms d’artiste existent. J’aurais pu envisager un top 10 pour cet album, mais dans ces circonstances c’est inenvisageable. Une fois ces vérités mises à nues, « Baby » est un super album, mélange de genres où l’influence de Prince prédomine. Avec une production un peu glitchy qui n’est pas sans rappeler les artistes funk des années 80, et une inventivité qui ne faiblit pas au fil des morceaux, Dijon (puisque c’est comme ça qu’on est forcés de l’appeler) réussit un album groovy et plaisant.
19. Big Thief « Double Infinity »
« Double Infinity » a fait peu d’adeptes cette année, surtout pour un groupe aussi « critically acclaimed » que Big Thief. Je comprends que cet album ait pu déconcerter les fans, habitué à une écriture plus fine, à un effort plus prononcé dans tous les compartiments de leur musique. Si ce n’est pas en effet leur meilleur album, je trouve néanmoins que la magie du groupe et leur synergie se ressent plus que jamais dans cette version spontanée de leur art. « Double Infinity » est d’autant plus émouvant que les morceaux sont simples, et que l’alchimie des membres du groupe apparaît à nu.
20. Tune-Yards « Better Dreaming »
Groupe d’une autre époque, Tune-Yards n’ont pas vraiment perdu leur flamme et le prouvent avec « Better Dreaming ». La qualité mouvante de leur musique est toujours présente, avec des morceaux qui ne prennent pas souvent la tournure attendue. Le travail sur les voix est impeccable et, même si la production est légèrement moins singulière et authentique que dans leurs premiers albums, elle fait largement le travail. C’est une musique groovy que propose le groupe, un peu plus polie qu’à leur grande période, mais toujours très plaisante à écouter.
21. miki « industry plant »
Voilà un album que j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter régulièrement ces derniers mois. Ce que je pourrais principalement lui reprocher est une production encore un peu trop conventionnelle, mais dont j’apprécie l’influence, et qui sait malgré tout mettre en lumière les textes. C’est un album fun, musicalement intéressant, avec des trouvailles textuelles dans l’ère du temps et décomplexées. C’est peut-être cet aspect décomplexé qui lui vaut autant de critiques aussi souvent méchantes que peu méritées. Même si (et parce que) je pense que Miki a plus de potentiel que ce que montre cet album, je serai ravi de l’écouter dans les années à venir.
22. Black Moth Super Rainbow « Soft New Magic Dream »
Je suis tellement content d’entendre de nouveau Black Moth Super Rainbow que mon enthousiasme m’a poussé à les mettre dans cette liste, même si je ne pense pas que ce soit leur meilleur album. Black Moth Super Rainbow est un des groupes les plus sous-cotés de sa génération (fin 2000 / début 2010), et le simple fait d’entendre leur son si unique m’a fait chaud au cœur. Je pense que le songwriting dans « Soft New Magic Dream » n’est pas toujours renversant, mais l’univers sonore, qui fait la marque du groupe, rend le tout intéressant et fait ressortir les highlights.
23. Joost « Unity »
J’ai l’impression de troller un peu en mettant Joost ici, mais je crois que plus j’écoute cet album et plus je commence à sincèrement l’aimer. « Unity » est un disque très fun, que j’aimerais avoir l’occasion d’écouter en boîte techno. Ce côté assez second degré ne doit pas masquer des qualités réelles, avec des fulgurances au niveau de la production. « Friesenjung », que j’ai beaucoup écouté cette année, m’a fait définitivement oublier Sting et je considère désormais que la version de Joost a remplacé et enterré une bonne fois pour toutes « Englishman in New York ».
24. CA7RIEL & Paco Amoroso « PAPOTA »
Je regrette de parler espagnol sur ce coup-là. Avec des paroles plus ou moins drôles mais qu’il vaut mieux essayer d’oublier malgré tout, le duo argentin a marqué l’année et gagné en popularité. Malgré l’aspect un peu douteux des deux personnages, les morceaux sont catchy, bien écrits. Surtout, le groupe qui les accompagne est d’un haut niveau et l’exécution, que ce soit sur les versions studio ou live, est très travaillée.
25. Model/Actriz « Pirouette »
Je ne suis pas fan initialement du style de musique que propose Model/Actriz, mais je sais reconnaître un groupe avec un son original quand j’en vois un. Avec « Pirouette », le son du groupe est suffisamment mature pour attirer l’attention de quiconque de curieux musicalement. Le jeu instrumental, qui confère toujours aux morceaux une atmosphère angoissante, utilise de manière intéressante les guitares agressives, les lignes de basse étourdissantes, ou la frénésie des patterns de batterie. « Pirouette » est un album vraiment intéressant, qui reste assez catchy malgré son atmosphère apocalyptique.







