Un Parfait Inconnu (2024) est un biopic autour de la vie de Bob Dylan entre 1961 et 1965. Le film est réalisé par James Mangold avec en vedette Timothée Chalamet.
Le réalisateur nord-américain James Mangold avait déjà réalisé un film autour de la musique en proposant un film atour de Johnny Cash il y a vingt ans: Walk The Line (2005). Il remet donc le couvert deux décennies plus tard avec un monstre sacrée de la musique, l’un des deux seuls musiciens à avoir reçu le prix Nobel de Littérature (avec l’Indien Tagore): Bob Dylan.
Pour incarner Un Parfait Inconnu à l’écran, l’Etatsunien a choisi l’acteur Timothée Chalamet. Sa performance est troublante. Le mimétisme visuel et vocal de l’acteur est en effet bluffant. Certes par instant, la voix n’est pas exactement identique mais on s’en rapproche quand même beaucoup. La prestation est en tout cas impressionnante et crédible: on a Dylan devant nous. Le casting est complété par Edward Norton (Pete Seeger), Elle Fanning (Sylvie Russo), Monica Barbaro (Joan Baez) ou Dan Fogler (Albert Grossman). Il y a quelque chose de fascinant et presque voyeur dans le fait de voir ces musiciens s’agiter et exister devant nous.
Bien sûr, Un Parfait Inconnu prend des libertés avec la réalité. Les experts les débusqueront facilement. Citons en quelques unes en vrac. Dylan n’a pas rencontré Guthrie pour la première fois à l’hôpital et a écrit la chanson en son honneur après la rencontre. La relation avec Sylvie Russo est inspirée de celle de Dylan avec Suze Rotolo mais leur couple était déjà du passé au moment de Newport 1965 etc. Je suis toujours partagé sur ces libertés, d’un coté je pense qu’elles aident les films à être d’avantage du cinéma mais de l’autre il y a toujours cette pensée en arrière plan: est-ce qu’on me raconte une vérité ? La vérité cinématographique peut prendre des libertés avec les faits si les mensonges servent le propos et ne déforment le sens des événements réels. À l’exemple d’Ed Wood (1994) et d’autres biographies filmées, j’ai foncé sur wikipedia après mon visionnage !
Un Parfait Inconnu, comme beaucoup de biopics, s’intéressent aux années formatrices de Bob Dylan. Ici en l’occurrence, le film porte sur son arrivée à New York, sa signature à Columbia, ses premiers albums folk puis sa « trahison » électrique dont l’apogée est le festival Newport de 1965. Nous suivons le chanteur dans ses pérégrinations. L’ambiance de l’époque me semble très bien retranscrite, les scènes musicales sont excellentes. La musique est vibrante. Tout cela donne envie de s’intéresser d’avantage à Bob Dylan. Ce dernier est souvent insondable. Il passe parfois pour un con mais on sent aussi la puissance qui l’habite. Peut être que cette puissance est un peu surjouée par son entourage, notamment ces scènes où Joan Baez tombe en pâmoison devant le blanc-bec qui lui joue une chanson.
James Mangold n’évite pas tout à fait les écueils des biopics (rendre scénarisable une vie) mais s’en sort quand même pas mal. Les performances musicales sont assez impressionnantes, le final à Newport très intense mais le film aurait gagné à être un peu moins long. Un Parfait Inconnu reste un film touchant et émouvant autour de la musique populaire américaine et plus particulièrement d’un des génies du genre (Bob Dylan).
note personnelle : 4/5







