Décidemment les biopics musicaux sont à la mode ces dernières années ! Depuis 2020, Elvis, Aretha ou Bob Dylan (Un Parfait Inconnu) ont eu le droit à leur passage sur grand écran. La France n’échappe pas à la règle. Après Edith Piaf (La Môme en 2007), ou Céline Dion (l’unique Aline en 2020), il était temps que Monsieur Aznavour ait le droit à son moment !
C’est désormais chose faite depuis 2024, avec à la réalisation Mehdi Idir et Grand Corps Malade. Sorti la même année qu’Un Parfait Inconnu, les deux films ont une certaine similitude. Il y a, en particulier, deux performances des acteurs principaux incroyables: Chalamet en Dylan et ici un excellent Tahar Rahim en Aznavour. Le Français fait une grosse performance, plutôt bluffante, très incarnée. Sans aller jusqu’à dire que le mimétisme est parfait, l’ensemble a vraiment de la gueule et rend les scènes de concert crédibles.
Mehdi Idir et Grand Corps Malade s’étaient attelés à la réalisation d’un biopic avec la famille Aznavour. Michel, lui même, aurait donné son accord verbal, avant son décès. Les deux artistes travaillent souvent ensemble, que ce soit sur des clips ou au cinéma. C’est d’ailleurs leur troisième réalisation commune après Patients et La Vie Scolaire. Produit, avec un confortable budget (26 millions) par Jean-Rachid Kallouche (mari de Katia Aznavour), déjà à la manœuvre sur les précédents films, ce biopic a été fait en étroite concertation avec la famille du grand chanteur.
Monsieur Aznavour a donc un peu les défauts inhérents à ce genre de projets. Il passe un peu sous silence les défauts de la star. Il en met plein la vue, quitte à parfois faire un peu d’esbrouffe. Comme pour La Môme, Monsieur Aznavour a un certain potentiel à l’export et on serait d’ailleurs ravi que le film y gagne quelques gallons à l’étranger ! Il a finalement eu une assez belle carrière en dehors de nos frontières, en étant régulièrement présenté à des festivals internationaux.
Malgré ces petits défauts, Monsieur Aznavour reste un biopic réussi. La première partie, en compagnie de Pierre Roche (joué par Bastien Bouillon), bien que méconnue, est particulièrement touchante. Le budget a été bien utilisé, c’est beau, bien filmé et la reproduction des différentes époques est très aboutie. Comme le biopic de Dylan, il est très agréable de retrouver autant de chansons et de les voir jouer pendant toute leur durée. Je trouve qu’à travers ce choix, ces films apportent là une valeur ajoutée indéniable. Il est très plaisant de se replonger aussi directement dans des œuvres denses et passionnantes de monstres sacrés, parfois considérés comme acquis.
Monsieur Aznavour aurait peut être mérité d’être un peu plus circonscrit sur son sujet, au risque d’en mettre moins la vue. Le film y aurait gagné en intensité/cohérence. Il n’empêche que cette réalisation de Grand Corps Malade et Mehdi Idir a fière allure et rend justice à la musique intemporelle de Charles Aznavour.
note personnelle: 4/5







