Après Le Silence des Agneaux (1991) de Jonathan Demme (Philadelphia), Hannibal Lecter et l’agente Clarice Starling reviennent dix ans plus tard dans le sobrement intitulé Hannibal (2001) réalisé par Ridley Scott. Si vous avez adoré le premier, vous pouvez probablement éviter de vous infliger cette suite.
Ridley Scott succède à Jonathan Demme. Le réalisateur de Blade Runner reprend le flambeaux à celui de Philadelphia. Pourtant malgré un solide CV (Alien, Gladiator, Thelma et Louise…), le Britannique échoue complètement à adapter l’univers glauque d’Hannibal Lecter. Le scénario n’y est pas totalement étranger, beaucoup estime en effet que le livre de Thomas Harris n’est pas non plus à la hauteur du premier.
D’abord Jodie Foster ne reprend pas le rôle de Clarice Starling. Elle est remplacée par Julianne Moore. Si le talent d’actrice de cette dernière n’est pas à remettre en cause, elle peine à faire oublier Jodie Foster. Elle n’est pas aidée non plus par le scénario et la réalisation. La confrontation avec Hannibal arrive tardivement dans le film et ne permet pas de construire ce lien spécial entre les deux protagonistes. Du coté du serial killer, Anthony Hopkins reprend les traits de l’inquiétant Lecter. Sa prestation est acceptable, peut être un peu grand gignol et moins sobre que dans le premier. Encore une fois, ce n’est pas tellement l’acteur qui est ici le maillon faible mais le film en lui même.
Parlons en d’ailleurs ! Hannibal démarre très mal avec une scène de fusillade assez ridicule. Alors que l’on essaie d’accepter l’idée que Clarice Starling a beaucoup changé physiquement, nous voici plongé dans un épisode de CSI. Autre aspect troublant: c’est moche. Pour le moment je n’arrive pas forcément à avoir la nostalgie de cette esthétique des années 2000. Le scénario est super bancal. Un des points les plus troublants, en dehors de la confrontation à distance des deux protagonistes c’est le rôle de l’inspecteur italien (joué par Giancarlo Giannini). Pendant une bonne partie du film on l’imagine en adversaire d’Hannibal avant qu’il ne se fasse sortir comme un vulgaire pion.
Au fond ce qui me gène le plus c’est le changement de tonalité avec son prédécesseur. Le silence des agneaux jouait très bien avec la tension jusqu’à un climax très réussi. Là cela tombe nettement plus à plat malgré des scènes bien gores à la fin. Ces scènes sont complètement over the top ! On est clairement dans un registre série B à budget. En parlant de gore la némésis de Lecter, Mason Verger, ressemble au présentateur des Contes de la Crypte.
Hannibal est une demi-purge trop longue. La tonalité ne marche pas, le duo Lecter/Sterling non plus. Trop de mélange des genres. Le coté gore est finalement l’un des rares aspects divertissants du film.
note personnelle: 2,5/5







