ALBUM: Pages « Pages » (Epic, 1978)

Intéressons nous aujourd’hui au premier album du groupe californien Pages, portant le même nom et sorti en 1978 sur Epic.

À ses débuts, le groupe se compose de Richard Page (guitare), Steve George (claviers), Peter Leinheiser (guitare), Jerry Manfredi (basse) et Russ Battelene (batterie). Ils se rencontrent en jouant pour Andy Gibb, petit frère des membres des Bee Gees. Originaires de l’Arizona, Page et George, en cette fin des années 70, commencent à se faire un nom dans les musiciens de studios de Los Angeles. Ensemble ou séparément, ils travaillent ainsi pour Kenny Loggins, Al Jarreau, Chaka Khan, ou les Pointer Sisters. Leur profil évoque d’autres musiciens yacht rock comme Michael McDonald (des Doobie Brothers) ou les membres d’Airplay (David Foster, Jay Graydon, Bill Champlin etc.). Sur Pages, quelques musiciens de studios interviennent également, tels que les frères Brecker (Randy et Michael), Philip Bailey ou Dave Grusin (Les trois jours du Condor).

Tout ce beau monde signe un album d’une élégance rare. Très d’albums soft rock / westcoast ont ce degré d’exigence et de qualité ! On pense à Michael Franks, George Duke, Gino Vannelli ou Bobby Caldwell (par exemple sur la ballade It’s alright). Il y a quelques notes de jazz-fusion mais elles ne sont jamais envahissantes, au contraire, subtilement dosées elles apportent une certaine originalité à l’ensemble. Il en est de même des arrangements de cordes de Dave Grusin. Assez différentes des propositions habituelles, ses orchestrations amènent de la respiration à l’ensemble (par exemple sur Love dance).

Pages est un des meilleurs albums du genre. La production de Bobby Colomby (Blood Sweat and Tears) est remarquable. L’ensemble est organique, soyeux mais en gardant un peu de mordant. Piano électrique, basse entraînante, quelques notes de synthétiseurs, du vibraphone (une excellente idée !); c’est un plaisir de tous les instants. Richard Page et Steve George ne démirent pas ! Soulignons le très joli timbre de voix du premier. Sans être aussi originale et singulière que celle de Michael McDonald, c’est une voix blue-eyed-soul très attachante. L’écriture est inspirée. Chose rare: même les ballades sont un plaisir ! Il suffit d’écouter par exemple l’impeccable I Get it from You, superbe morceau pour clore cet excellent album ! La guitare sèche de This is for the girls évoque America ou les méconnus Ozark Moutain Daredevils.

Pages peut aussi compter sur quelques pépites funky. Clearly Kim et If I Saw You Again viennent immédiatement en tête mais d’autres titres méritent également le détour comme Let it Go ou Room at Top. Je suis particulièrement friand de cette dernière. Après un démarrage assez rock, la chanson déroule un yacht rock avec des touches fusions, des changements d’accords affriolants. Indéniablement si vous aimez la city pop ou les musiques de Mario Kart, vous devriez vous sentir chez vous !

Pages est selon moi un des meilleurs albums yacht rock. C’est un pur régal pour les oreilles, un travail de musiciens doués avec l’envie de faire un album ambitieux et soigné. Si on est sensible à cette idée d’exigence, alors Pages est une pure merveille.

note personnelle: 5/5

PS: la réédition impeccable de Music on Vinyl vaut ses 30€ sans sourciller !

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