Il y a quelques jours, j’ai vu passer un tweet intéressant en anglais. Il posait une question très simple mais finalement complexe: en combien de temps peut-on savoir si un album nous plaît ou non ? Voici mon modeste retour d’expérience sur cette épineuse et quelques réflexions connexes pour enrichir la conversation !
Une dizaine d’écoutes
Avec les années, je dirai qu’il me faut environ une dizaine d’écoutes complètes pour commencer à comprendre et intégrer un album qui m’intrigue. De là je pourrais me faire une opinion sur son contenu ! Avec le temps, je suis aussi capable d’identifier très vite (en général une face de 33 tours) un album que je n’aurais pas envie d’approfondir.
Cette deuxième méthode peut sembler brutale mais se justifie par le nombre d’albums qui, eux, méritent mon attention. Quand je sens qu’un disque ne va pas me parler, généralement parce que l’écriture (les accords, les mélodies) et/ou la production me semblent génériques, je préfère donner sa chance à un autre album. Je peux être expéditif avec des styles qui me sont particulièrement chers comme la powerpop, l’indie-pop ou le garage-rock. À l’autre bout du spectre, cela peut aussi être des disques dont l’approche esthétique ne me parle pas du tout. Pour citer deux exemples récents avec les deux cas de figures: j’ai rangé l’album de Melenas sans même l’avoir écouté en entier et j’ai pas acheté le dernier Tame Impala à l’écoute de ses singles !
Comment écouter un album ?
Chacun a sa préférence, mais personnellement j’aime bien découvrir un disque en ambiance, souvent il va tourner sur ma platine pendant que j’écris ! Une autre méthode que j’aime beaucoup: le baladeur MP3. J’entends plusieurs disques dessus et je me focalise sur leur écoute. Généralement en marchant, j’ai un bon intermédiaire entre une écoute active pure et quelque chose de plus environnemental.
J’aime aussi les écoutes à l’aveugle. J’ai ainsi le souvenir d’avoir craqué sur Something / Anything? de Todd Rundgren en l’écoutant dans la bagnole avec ma famille. Dans un autre registre, j’ai été marqué par des écoutes environnementales chez des disquaires: Primary Colours d’Eddy Current Suppression Ring à Born Bad ou The Argument de Fugazi à Gibert.
Je trouve que l’écoute distraite a plus de qualité qu’il n’y paraît. Cela permet de laisser l’album venir à soit. Il est important de s’approprier la musique, la laisser respirer et vivre. Voir comment elle fonctionne avec le reste !
Une fois cette étape effectuée, il est temps d’aller dans le détail. Analyser un peu mieux les arrangements et les chansons, trouver ses préférés et essayer de comprendre pourquoi !
Le bon moment
Un aspect important, au delà du nombre d’écoutes, c’est trouver le bon moment. Le déclic ne va pas toujours arriver de suite. Parfois il faut juste laisser décanter et revenir dessus dans un autre état d’esprit. Un de mes albums préférés est #1 Record de Big Star. La réputation flatteuse du groupe précédait son écoute. Mes attentes étaient donc élevées. Les premières écoutes étaient décevantes. Sans que je sache exactement pourquoi, l’alignement des planètes a changé et je me suis pris #1 Record dans la gueule.
Pas de règles
Voici mes quelques réflexions autour du nombre d’écoutes nécessaires pour appréhender un album et le faire sien. Il s’agit de ma façon de faire mais à chacun de trouver la méthode et l’approche qui lui conviennent ! Il n’y pas de règles, on parle de passion, de plaisir. Les écoutes d’albums ne sont pas un devoir ou un job, restons donc dans ce moment suspendu de joie et d’émotions ! Parfois on s’attache tout de suite, d’autre fois ce sont des growers, bref il n’y a rien d’écrit à l’avance (à part la durée idéale ?) ! Et vous, combien d’écoutes pour apprécier (ou l’inverse !) un album ?







