Vinyles à Amsterdam: quoi ramener, où chiner et à quels prix ?

Si vous êtes comme moi, vous ne manquez jamais de faire un arrêt chez les disquaires locaux quand vous êtes en vacances. Il n’est pas toujours simple de savoir quoi chercher et où. Il y a quelques jours j’étais à Amsterdam avec ma chérie. J’ai fait pas mal de recherches en amont afin de trouver les meilleurs lieux pour moi. Je vous propose donc à mon tour un guide pour vous aider à y voir plus clair et vous orienter vers les meilleurs spots pour vous (en sachant que j’en ai testé quatre personnellement).

Concerto (intérieur)

Amsterdam ça vaut vraiment le coup

Rappelons le: Amsterdam est un excellent spot pour les vinyles et disquaires. Il s’agit probablement d’une des villes européennes les plus dynamiques pour la musique enregistrée. J’achète des vinyles depuis une vingtaine d’années, à Paris bien sûr (où j’habite) mais aussi un peu partout en France (Marseille, Nancy, Bordeaux, Lyon etc.) et en Europe (Bruxelles, Copenhague, Stockholm, Barcelone, Londres etc.) quand je me déplace. Amsterdam m’a fait une très forte impression et se place d’office dans mes villes favorites pour chiner des vinyles.

Les Pays Bas et notamment Amsterdam sont un hub pour les disques. Peut-être est-ce dû à la tradition de commerce maritime des Pays Bas ? En tout cas, les Pays Bas disposent de distributeurs renommés comme Bertus ou Rush Hour, ils ont la plus grande foire au disque d’Europe (à Utrecht – une légende) et beaucoup de disques étaient pressés pour le marché européens là bas.

Autre aspect important: Amsterdam a une culture importante de la seconde main, notamment dans la fripes. Avec son passé un peu hippy/libertaire, la ville dispose de nombreux atouts pour développer une offre de disquaires très qualitative et c’est le cas.

Record Friend Elpees, accès vers le sous-sol où se situe le disquaire !

Neuf ou seconde main ?

À moins de chercher des disques pressés par des labels locaux ou distribués par Rush Hour, je pense qu’Amsterdam est bien plus intéressant pour l’occasion que le neuf. En nouveauté, les prix sont dans la moyenne européenne, les prix sont, par exemple, très similaires à ceux que l’on trouve à Barcelone ou Paris.

Sur l’occasion, c’est une autre histoire. Les prix sont très intéressants et l’offre pléthorique dans des registres très variés. On peut même trouver des choses étonnantes dans certains bargain bins, plutôt un bon signe ! Il faut cependant faire attention à l’état des disques, j’ai trouvé que certains disquaires étaient plus souples que d’autres sur ce sujet.

Quels sont les prix ?

Les prix en occasion sont très intéressants. Les 33 tours triés démarrent généralement entre 5 et 10€. Les 45 tours (triés) sont à partir de 2-3€. Il y a généralement des bargain bins avec des prix autour de 1-5€ pour les 33 tours et 1-2€ pour les 45 tours.

Personnellement j’ai payé:

  • 33 tours triés: entre 5 et 19€
  • 45 tours triés: entre 2 et 15€
  • 33 tours bargain bins:5€
  • 45 tours bargain bins: 1 ou 2€
  • 33 tours neuf: autour de 25/30€
  • 45 tours neuf: entre 10 et 15€.

En dépensant une centaine d’euros on peut repartir sans problème avec 5 albums, des 45 tours et un tote bag. Quelques exemples, à partir de mes achats:

  • Supersister, No Tree Will Grow, 45 tours occasion, 15€
  • The Hollies, dear eloise, 45 tours occasion, 4€
  • The JagsBack of my Hands, 45 tours occasion, 3€
  • HelloNew York Groove, 45 tours occasion (bargain bin), 1€
  • Secret Affair, Time for Action, 45 tours occasion (bargain bin), 2€
  • Daryll-Ann, Weeps, 33 tours neuf, 29,99€
  • Swinging Soul Machine, Through the Eye, 33 tours occasion, 15€
  • The Nits, Tent, 33 tours occasion, 5€
  • Bintangs, travelling in the USA, 33 tours occasion (réédition 70s), 19€
la façade de Record Mania

quels styles musicaux ?

Tous ou presque ! À l’exception des musiques du monde (assez absentes), Amsterdam joue sur tous les tableaux. En occasion vous pouvez trouver à la fois la production des années 60 à 80 en rock, soul/funk, jazz mais aussi les productions électroniques des années 90/00s. En neuf, cela ira des Doors jusqu’à Taylor Swift en passant par le rap.

Quelque soit le style que vous cherchez, il devrait y avoir une boutique pour vous. Pour les lecteurs de ce site, mentionnons la présence de nombreux singles de beat/garage sixties avec des pochettes. Les EPs français et leur pochettes glacés sont trop chers ? Pas de problèmes, les Néerlandais ont des singles pour des prix beaucoup plus attractifs mais un peu peu plus glamour que les label sleeves anglais ou nord-américains. À vous la discographie 45 tours des Hollies, Pretty Things, Small Faces et autre The Move ! Le 70s est aussi très présent dans ce format, notamment les singles glam rock (Hello, The Sweet, T-Rex…) dont les prix sont généralement très attractifs. Vous êtes plus 33 tours ? pas de doute vous trouverez des Marvin Gaye, Stevie Wonder, Nick Lowe ou des Supertramp chez les disquaires d’Amsterdam.

Record Palace (intérieur)

Ramener des spécialités locales

En plus de manger un Nasi Goreng ou vous régaler d’un stroopwafel au goûter, vous pouvez aussi chercher les spécialités locales dans la musique. Les Pays Bas sont un petit pays par la taille mais grand par la qualité de sa scène musicale, et ce, depuis les années 60. Vous connaissez d’ailleurs forcément certains de leurs groupes comme Shocking Blue, Golden Earring, Within Temptation ou les Vengaboys !

Pays tourné vers le commerce extérieure avec des liens avec ses anciennes colonies (notamment le Surinam ou l’Indonésie), les musiciens se sont appropriés les styles musicaux internationaux, souvent en anglais plutôt qu’en néerlandais.

Il existe ainsi une forte tradition rock depuis la fin des années 50, à notamment à travers l’Indorock puis la musique beat et le blues rock. On pense par exemple à des groupes comme The Motions, The Bintangs, Het, The Outsiders, Q65, Cuby & The Blizzards ou Rob Hoeke. Les Pays Bas ne passe pas à coté du psychédélisme et du rock progressif comme en témoignent Group 1850, Alquin, Focus, Ekseption ou Supersister.

Dans les années 80, les Pays Bas ont aussi une importante scène new wave que ce soit sur le versant synth-pop (Het Goede Del), pop dans la lignée d’XTC (The Nits, Gruppo Sportivo) ou powerpop (The Rousers, The New Adventures, The Meteors etc.).

Si la soul / funk / disco ne sont pas aussi développées que le rock, il existe des formations enthousiasmantes dans le genre comme Blue Feather, Houseband, Swinging Soul Machine ou même Spagna ! Toujours du côté de la dance music, les Pays Bas sont un des foyers de la musique électronique en Europe, avec la Belgique voisine. La Hollande est une Mecque pour le Gabber ou la techno (Speedy J, le génie Steve Rachmad/Sterac, I-F, Unit Moebius, Joris Voorn, Legowelt…).

Il existe bien sûr, depuis les années 90, une scène indépendante vivante. Les groupes cultes se nomment Daryll-Ann ou Bettie Serveert. Parmi les formations actuelles ou récentes (une dizaine d’années) mentionnons: Jacco Gardner, Frankie, Mozes & The Firstborn, Mich, Tramhaus, The Maureens, Altin Gun, ou encore Mooon.

Le vitrail de Record Mania

quelques shops de référence

Pendant mon récent séjour j’ai pu tester quatre disquaires différents. Je recommande les quatre, les prix étaient très raisonnables à chaque fois. Les trois premiers peuvent s’enchaîner assez facilement.

Concerto (Utrechtsestraat 54-60, 1017 VP Amsterdam) est de loin le plus grand de la ville, en plus d’être aussi le plus ancien disquaire indépendant de la ville. La boutique s’étale sur 4 rez de chaussé ! Il y en a pour tous les goûts, du neuf comme de l’occasion. Pour la seconde main, c’est très bien et les prix super corrects, aussi bien en 33 tours qu’en 45 tours (de loin la plus grosse sélection triée des quatre). Il est possible d’écouter les disques sur place (platine à disposition). Les bargain bins étaient un peu décevantes de mon point de vue mais c’est pas très cher dans les rayons triés !

Record Palace (Weteringschans 33a, 1017 RV Amsterdam) est à deux pas du quartier des musées et à un quart d’heure de Concerto (16 minutes d’après google maps). Cette petite boutique a une solide sélection classic rock, en plus d’être bien achalandée. Les prix sont très raisonnables (en tout cas pour les groupes locaux !). Belle sélection en 45 tours à deux euros, peu de singles triés en revanche.

Record Mania (Ferdinand Bolstraat 30, 1072 LK Amsterdam) est situé à douze minutes de Record Palace. Ce disquaire propose une jolie sélection en occasion et neuf, les deux mélangés mais faciles à identifier. Si vous cherchez du 45 tours, j’ai trouvé la sélection un peu moins intéressante que chez Concerto ou Record Friend. Le lieu est assez unique, avec un magnifique vitrail au fond. Pas cher en occasion.

Enfin, j’ai aussi été à Record Friend Elpees (Sint Antoniesbreestraat 64, 1011 HB Amsterdam). Si la sélection en 45 tours triés était un peu plus modeste en taille que chez Concerto, j’ai trouvé le choix intéressant, avec de jolies pièces qu’il est possible d’écouter sur place. La sélection 33 tours était exigeante et j’ai trouvé l’état des disques (en 33 tours) vraiment impeccables. Enfin le bargain bin en 45 tours à un euro était excellent, j’y ai trouvé de nombreuses perles, j’aurais aimé y fouiller d’avantage.

L’une des façades de Concerto

Parmi les autres spots de la ville, mentionnons les disquaires suivants (que je n’ai pas eu l’occasion de tester).

Second Life Music (Prinsengracht 366, 1016 JA Amsterdam) est un disquaire spécialisé dans l’occasion dans le centre ville. Ambiance fouillis mais énorme stock, donc si vous vous sentez l’âme d’un archéologue, cela devrait vous plaire !

À côté du quartier rouge, Platypus (Zeedijk 45A, 1012 AR Amsterdam) est un disquaire particulièrement apprécié des diggers du monde entier. The Alchimist y ferait même régulièrement haltes. Les amateurs de breaks, samples, hip hop, soul/funk y seront très à l’aise.

Waxwell (Gasthuismolensteeg 8 1016 AN Amsterdam) dans le quartier, très commerçant, des neuf rues a aussi une très belle réputation et est considéré par les connaisseurs comme l’un des plus beaux spots de la ville.

Enfin, impossible de ne pas mentionner Rush Hour (Spuistraat 110, 1012 VA Amsterdam), le légendaire disquaire et distributeur. La boutique est aussi magnifique qu’intimidante, plutôt spécialisée dans le neuf et l’électronique (ainsi que les rééditions rare groove) mais il y a aussi de l’occasion, sélectionnée à y trouver. Arrêt obligatoire si vous êtes férus de techno ou d’italo-disco !

Et vous, quels disquaires avez vous aimé à Amsterdam ?

La discrète façade de Record Palace

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