45 TOURS: The Osmonds « Fever » (MGM, 1974)

Nous avons démarré 2024 en évoquant la beauté du format 45 tours: cette capacité à proposer deux faces de musique, parfois presque antagonistes ! Là où l’album tente de développer un univers et est salué à travers sa cohérence, le 45 tours est le refuge de toutes les audaces ! OSEF si le slow sirupeux de la face A se mange un mur de guitare sauvage lors du retour (Majority One et tant d’autres). Les archéologues sonores de tout poil trouveront souvent à travers le single un terrain de jeux aussi fascinant qu’insondable. Ce vinyle des Osmonds en apporte d’ailleurs à nouveau la preuve: le salut passe parfois par une simple bascule d’un disque.

Les Osmonds sont un des représentants américains les plus connus de la musique bubblegum avec des formations telles que The Carpenters, The Partridge Family ou The Cowsills. Ils démarrent très tôt dans les années 50 dans le style barbershop qui influencera notamment le doo wop. Ils deviennent ainsi populaire à la télévision dans les années 60. Dans les années 70, The Osmonds signent avec MGM qui cherche à répliquer le succès des Jackson Five de la Motown.

Dès leur premier single, One Bad Apple, le succès est au rendez vous ! Le morceau, enregistré à Muscle Shoals (les terres de la southern soul), s’inspire clairement des productions du groupe familial afro-américain. Les Osmonds obtiennent ainsi leur premier numéro 1 US au cash box ! Leur popularité ne faiblit pas dans les 70s. Ils sont alors accompagné par le producteur Mike Curb. Celui-ci combine un goût pour la bonne musique avec des opinions politiques républicaines (les Osmonds sont eux des Mormons revendiqués). Après avoir réalisé de nombreuses bandes originales de séries B (The Wild Angels etc.), Curb devient le président de MGM en 1969. Malgré le départ de Frank Zappa ou du Velvet Underground, il signe des gens comme Eric Burdon & War et produit des chanteurs afro-américains (Lou Rawls, Sammy Davis Jr).

Love me for a Reasons des Osmonds est une balade sucrée easy listening aux accents sweet soul. Sans être exceptionnelle, la chanson reste présentable. Elle marque un retour au son propret des Osmonds après des disques plus extravagants tels que le manifeste écologiste Crazy Horses (1972) et l’album conceptuel religieux The Plan (1973). La pépite du disque est ainsi, comme souvent, reléguée en face B ! Je pensais initialement que Fever était une reprise du morceau homonyme, j’en suis désormais convaincu du contraire. Côté songwriters nous retrouvons Denny et Letty Jo Randell. Le premier a notamment collaboré avec les 4 seasons (let’s hang on) ou The Toys (A Lover’s Concerto).

Fever se démarque dans la discographie des Osmonds par son coté funky. Les arrangements vocaux offrent une réminiscence des débuts barber shop de la famille. Ils évoquent aussi d’autres groupes du catalogue Motown, en particulier les Temptations qui, dans les années 70, utilisent également des placements vocaux inspirés du doo wop sur leur soul psychédélique. L’ensemble est franchement enthousiasmant !

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