Le glam-rock (playlist) a eu ses laissés pour compte. À l’ombre de The Sweet, Slade, T-Rex ou David Bowie, nombreux furent les prétendants à ne sortir que quelques singles avant de plonger dans l’anonymat. Cependant, un quart de siècle après la bataille, des collectionneurs comme Tony Barber (Buzzcocks) et Phil King (Lush) se plongent dans tous ces 45 tours oubliés et leur donnent un peu de lumière. Démarré comme une blague, le junkshop glam est né !
Après l’article fondateur dans la revue Record Collector, début 2002. Des labels se saisissent du junkshop glam et lancent des compilations. Trois d’entre elles sont particulièrement importantes Boobs (2005),Velvet Tinmine (2003) et Glitterbest (2004). À partir de là le glam va attirer nombre de collectionneurs et diggers, des gens qui s’intéressaient précédemment au garage-rock, freakbeat ou le punk (KBD). Tous vont retrouver à travers ses héros perdus du glam, le frisson de la chanson qui tabasse les neurones. Il faut dire que le junkshop glam est à la croisée du bovver rock, du proto-punk, de la powerpop et bien d’autres réjouissances.
Le junkshop glam est ainsi devenu, depuis une vingtaine d’année, un centre d’intérêt pour pas mal de monde et l’objet de nombreuses compilations. Il continue d’en sortir régulièrement, tels que All The Young Droogs (2019), Killed by Glam (années 2010), Glamstains (années 2010) ou encore Teenage Glampage (2023).
L’intérêt pour le junkshop glam a beaucoup été alimenté grâce à internet, de nombreux blogs ou chaînes youtube (la chaîne Hammered Satin). Côté blog, mentionnons celui de Robin Wills (Purepop) et le Français Crazeekids, également auteur de pochettes pour des groupes modernes glam comme Giuda.
01 – Hector « Wired Up » (1973)
Wired Up est peut être un des 45 tours les plus emblématiques du junkshop glam. Il a même donné son nom à un excellent livre sur le sujet. Depuis une vingtaine d’année, Hector (formation de Portsmouth) est devenu un groupe culte auprès de la communauté des chineurs de raretés seventies qui balancent ! Une pure salve de rock nerveux avec une fuzz démente et un synthé bien délire. Un banger comme disent les jeunes !
02 – The Jook « Bish Bash Bosh » (1974)
Les Jook sortent une demi douzaine de 45 tours entre 1972 et 1974, puis un dernier, assez powerpop (un morceau, Aggravation Place, sur une compilation Bomp! ), en 1978. Le groupe britannique a des connexions étonnantes avec la formation freakbeat John’s Children, dans laquelle officia un certain Marc Bolan pendant quelques mois. En effet, les Jook étaient managés par John Hewlett (ex-John’s Children) tandis que l’on retrouve Chris Townson (également des John’s Children) à la batterie. La connexion avec Marc Bolan ne s’arrête pas là: Trevor White a vendu sa gratte SG au T-Rex.
03 – Bilbo Baggins « Saturday Night » (1974)
Un autre exemple fantastique de junkshop glam: Saturday Night des Bilbo Baggins, un groupe écossais d’Edinbourg. La magnifique cover française a largement inspiré le groupe italien Giuda. Le morceau est écrit et produit par la paire Bickerton/Waddington que l’on retrouve par exemple sur l’excellent album sunshine/baroque pop des Íberos.
04 – Streak « Bang Bang Bullet » (1973)
Streak est un groupe de Londres, auteur de deux singles entre 1972 et 1973. Bang Bang Bullet, en plus d’être une perle junkshop glam a des allures proto-punk des plus réjouissantes. Un super single !
05 – Iron Virgin « Rebels Rule » (1974)
Un autre stomper pas piqué des hannetons ! Iron Virgin, comme Bilbo Baggins, est un groupe écossais, originaire d’Edinburgh. Rebels Rule est un classique du junkshop glam et à raison, ça déménage ! Les Runaways s’en souviendront pour leur California Paradise en 1977. Iron Virgin sur scène devait être une sacrée expérience: pour leur look ils s’étaient inspirés des droogs d’orange mécanique.
06 – Crunch « Let’s do It » (1974)
Un autre classique des compilations glam obscurs: l’unique single de Crunch, un trio anglais. Du pur stomper, très classique mais sacrément efficace !
07 – Angel « Good Time Fanny » (1974)
Angel est un groupe auteur de deux singles en 1974. Ils étaient produit par Mick Tucker & Andy Scott, membres de The Sweet. Cela s’entend: du glam dans les règles de l’art.
08 – Spiv « Oh You Beautiful Child » (1973)
L’unique 45 tours de Spiv est une sacrée rareté vénérée par les amateurs de junkshop glam. Oh Beautiful Child a tout pour plaire: un stomper rock avec une production plutôt lo-fi, très cool et enthousiaste ! très peu d’informations circulent sur le groupe.
09 – Bearded Lady « Rock star » (1975)
En 1975, le glam-rock vit ses dernières heures mais le groupe pub rock Bearded Lady a envie d’y croire avec son unique single. Rock Star est sur un tempo un peu plus relevé qu’à l’accoutumé mais garde une bonne dose de paillette. Comme certains autres morceaux de cette playlist, on est à la limite du punk et c’est pas moi qui m’en plaindrait !
10 – The Rats « Turtle Dove » (1974)
Glam ou powerpop ? The Rats ne choisissent pas ! Turtle Dove est une petite merveille qui plaira à pas mal de monde. Compilé sur la mythique Boobs – The Junkshop Glam Discotheque en 2005.







