ALBUM: Hugo Montenegro « Others by Brothers » (RCA, 1975)

Si vous êtes un lecteur régulier de ce site internet depuis 2023, alors peut-être avez vous déjà croisé le nom d’Hugo Montenegro. En effet, en décembre 2023, j’évoquais ici même la compilation Disque d’Or (1976) de ce dernier. Par le truchement d’une récente commande Discogs, j’ai mis la main sur Others By Brothers (1975) du musicien easy listening: une très belle surprise.

Hugo Montenegro est né en 1925. Après la seconde guerre mondiale, il devient arrangeur notamment sur les premiers enregistrements de Dion. Il se fait surtout un nom au milieu des années 60. Il connaît en effet un important succès populaire avec sa reprise (1967) du thème d’Ennio Morricone du Bon la Brute et le Truand (1966). En plus de son travail sur la musique des autres, il s’essaie aussi à la bande originale, notamment des films Hurry Sundown (1967) ou Lady In Cement (1968). Dans les années 70 il devient un des spécialistes de la Moogsploitation et utilise régulièrement des synthétiseurs sur ses albums. À partir de la seconde moitié des seventies, il devient un peu moins inactif à cause d’un emphysème. Il nous quitte prématurément en 1981 non sans avoir laissé quelques très beaux disques derrières lui.

Parmi ceux-ci, mentionnons le très bon Others by Brothers (1975), un album d’easy listening funky, instrumental avec, vous l’avez deviné, des synthétiseurs. Par Brothers, Montenegro entend ses collègues musiciens afro-américains. En effet, l’essentiel du catalogue est ici issu de la musique noire nord américaine. L’arrangeur reprend notamment Stevie Wonder, Marvin Gaye, les Jackson Five, Duke Ellington ou Billy Preston ! Il y a aussi une très bonne composition originale intitulée Noah’s Arp.

Others by Brothers (1975) aurait eu sa place dans le catalogue prestigieux de CTI. On pense en effet beaucoup aux albums de la même période de l’Argentin Lalo Schifrin ou du Brésilien Deodato. En neuf titre, Hugo Montenegro déroule ainsi un album, d’une qualité exemplaire, d’easy listening, avec des touches jazz-funk. Dans sa mission, il est accompagné d’une solide équipe de musiciens comme James Jamerson (le bassiste de la Motown !), Hal Blaine (membre du Wrecking Crew), Larry Carlton (présent sur les albums de Steely Dan) ou Dave Sears.

En plus d’un excellent répertoire, le disque brille par sa cohérence, en terme d’instrumentations et arrangements. Si j’ai un peu moins aimé Nothing from Nothing que le reste, Others by Brothers est excellent sur la longueur. La version de Creepin’ ou de Caravan sont superbes, par exemple. Du travail de pro certes mais avec une touche de fantaisie. Les musiciens s’amusent, le disque est aussi plaisant à écouter que réjouissant. Others by Brothers est un vrai bon album dans le genre, pas révolutionnaire mais complètement de son époque à la fois très funky et presque spatial grâce aux strings machines ARP ! Un plaisir d’esthète qui a, de surcroît, le mérite de se trouver pour moins d’une dizaine d’euros. Avis aux amateurs.

note personnelle: 4/5

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