L’année dernière je vous avais proposé un article de ce style le 30 décembre 2024, il est temps de lui donner une suite en ce début janvier, histoire de faire un petit bilan de 2025. Cette année pas de statistiques, car trop la flemme d’en faire ! Voici donc mes impressions générales. Il y a beaucoup à dire ! Et vous ? Qu’avez vous retenu sur le plan musical (au sens large) pour cette année écoulée ?
Une bonne année musicale
Comme l’année dernière, j’ai plutôt trouvé mon compte dans les sorties de cette année 2025. Je pense vous proposer un TOP 35 (cinq disques de moins que l’année dernière) vraiment solide et intéressant. Par rapport aux années précédentes, il y a eu, de mon coté, un peu moins de disques groovy marquants. D.D. Mirage offre cependant une excellente exception à ce ressenti ! Mentionnons aussi l’excellent album de Young Gun Silver Fox (égaux à eux même dans l’excellence) ou le très intéressant premier album de Rémi Klein, échappé de LORD$.
À l’inverse, j’ai été agréablement surpris par le volume de sorties intéressantes powerpop / jangle-pop. Je pense notamment à Sharp Pins, The Tubs, The Beths ou Lùlù ! J’ai aussi apprécié des disques vraiment rock cette année, ceux de Lifeguard ou Civic par exemple. J’ai l’impression que la vague crank wave s’essouffle un peu (et se diversifie). Cela me convient car je ne suis pas très sensible ni en phase avec cette esthétique. Finalement, j’ai probablement plus d’accointance avec l’egg punk !
Je pense avoir acheter peu ou prou (peut être un poil moins) de nouveautés en 2025 qu’en 2024. Le nombre doit tourner autour de 45-50 disques parus cette année, en excluant donc les rééditions, compilations ou l’occasion. Ce chiffre me convient bien. J’ai un peu resserré mes choix par rapport à 10/15 ans. Les prix exorbitants des nouveaux disques m’y contraint. Flemme de payer 30 boules pour un disque que je ne vais pas avoir envie de réécouter. C’est un mal pour un bien: j’essaye de me concentrer d’avantage sur les disques et leur donner une chance.
En 2025, le contrôle qualité craint toujours
Il y a quinze jours à peine, j’évoquais le sujet ici même: les problèmes de contrôle qualité récurrents des disques neufs. Cela m’agace, m’exaspère même. Je n’ai pas envie d’être magnanime quand je paye un vinyle neuf 25 ou 30€. À ce prix là, les disques devraient sonner correctement. C’est une hantise quand je déballe un disque: va-t-il être OK ou me donner envie de casser le disque en deux ? Les rayures, les bruits de fond insupportables, les disques voilés, tout cela arrive que trop souvent alors que la monté en prix suggère des attentes plus élevées de notre part. À 15/20€, je peux accepter l’idée qu’il y ai de temps en temps un raté, avec les prix actuels ça m’énerve au plus haut point. Le problème fondamental de tout cela ? Les gens n’écoutent plus les vinyles qu’ils achètent. Certains labels ne font d’ailleurs même pas l’effort de trouver un distributeur français quand ils ont une RP sur le territoire ! Incompréhensible.
Mauvaise année pour les disquaires
Les disquaires sont un de mes grands points d’inquiétude personnelle (en lien avec la musique). J’évoque ici le sujet très souvent mais comment faire autrement ? Les mauvaises nouvelles se sont accumulée en 2025. Les fermetures du Silence de la Rue (après un feu) et Discos Revolver ne seront pas les dernières. Je ne cherche pas à être un oiseau de mauvaise augure mais juste alerter sur la précarité de cette partie essentielle de l’écosystème indépendant.
L’augmentation des prix affecte beaucoup d’entre eux. Des clients historiques ont désertés ces boutiques, sans nécessairement un remplacement générationnel. Beaucoup de personnes jeunes n’ont pas forcément le réflexe disquaire indépendant n’y même l’envie d’y aller. Peut être que je me gourre mais globalement, il y a moins de prestige à avoir une culture musicale précise et étendue que par le passé. Je pense que la presse culturelle fait une erreur en défendant le poptimisme jusqu’à l’excès. On a pas besoin de presse culturelle pour découvrir les stars pop ou les blockbusters. Je me tâtais à écrire quelque chose autour de la figure du nerd, je me rends compte en écrivant ce paragraphe qu’on est en plein dans le sujet que je souhaitais abordé !
Salles de concert, labels, c’est pas ouf non plus
J’ai dédié un paragraphe entier aux disquaires mais les autres éléments de la chaînes ont aussi quelques soucis. Disparition du Tony, de l’Inter et du Motel: 2025 n’a pas été réjouissante ! Récemment je m’interrogeais aussi sur le sort des labels indépendants. La disparition de Trouble In Mind n’est que la partie visible de l’iceberg, beaucoup d’autres structures jettent l’éponge, en France je pense à AB (cette année) ou Le Turc Mécanique (2024) par exemple. Mon récent passage au marché de noël du Chinois m’a aussi rappelé cette réalité: très peu de stands de labels, beaucoup moins qu’avant le COVID en tout cas.
Encore une fois, je pense que quelque chose ne va pas au niveau de l’ensemble de l’écosystème. Il y a probablement quelque chose à faire collectivement pour ne pas disparaître. Je crois qu’une partie du problème (en tout cas pour les disquaires et les labels) résident dans la difficulté de trouver un modèle économique satisfaisant à l’heure du streaming.
Je croise les doigts pour qu’il y ai de nouvelles salles de rock à Paris, pour que les labels déjà présents (on salue Born Bad, Le Cèpe, Tricatel, Howlin’ Banana etc.) continue d’œuvrer pour diffuser la bonne parole et que d’autres s’ajoutent à eux !
Des nouvelles pour ce site
Comme vous l’avez sûrement remarqué, j’ai maintenu le rythme des publications en 2025 et j’en suis très heureux. J’aime le rythme de croisière actuel. Il serait difficile de faire plus tout seul honnêtement. D’ailleurs, en 2025, il y a eu la première contribution extérieure avec un superbe article de Matthieu Drigout: une introduction au rock nacional argentin. Je suis preneur d’autres idées de ce style (d’ailleurs Matthieu tu es le bienvenu !). Vous voulez faire une playlist sunshine pop ? Défendre le rock lituanien ? évoquez des classiques city pop ou UK Garage ? Ces pages peuvent être ouvertes à des contributions passionnées !

Un grand merci à Catherine Rochon pour son interview sur le site de la fnac et à Bertrand Burgalat pour la mention dans sa mythique rubrique en dernière page de Rock & Folk (numéro décembre 2025). Cette reconnaissance me touche profondément.
J’ai par ailleurs aussi décidé d’écrire aussi en espagnol (le mardi) et en anglais (le samedi). Pour le moment, le contenu est constituée de traductions (avec des réécritures, nouveaux passages etc.) de mes papiers francophones. Il y a plusieurs idées derrière cette nouveauté (décembre). La première est évidemment d’augmenter mes statistique et l’audience de ce site, c’est important pour moi. Avoir des gens qui lisent est une superbe motivation pour continuer !
L’autre aspect, peut être plus intéressant: je trouve ça pertinent de défendre un point de vue français dans d’autres langues. Récemment j’ai débattu avec des anglophones de l’intérêt des pop ups de labels (Third Man, Numero Group etc.) dans des villes avec des disquaires. Je n’étais vraiment pas d’accord avec eux. Cela m’a aussi donné envie de défendre mon approche dans leur langue et pouvoir dérouler un véritable argumentaire. La musique francophone mérite elle aussi un éclairage à l’étranger tant elle y est peu visible. Pourtant, je suis convaincu que certains disques d’ici pourraient avoir un public dans d’autres pays !
Je me rends compte que s’il est assez naturel pour moi de consulter des sites anglophones et parfois hispanophones, ce n’est pas forcément le cas d’autres personnes, notamment à l’étranger et en particulier, les anglophones. Je trouve ça passionnant de chercher ces gens là et tenter de leur offrir une autre perspective sur les choses. On verra ce que ça donne. En tout cas il y a désormais trois articles en anglais et d’autres prévus pour le mois de janvier. Stay Tuned.








Ces pages peuvent être ouvertes à des contributions passionnées ! lol ouvertes pour moi aussi lol ?