PLAYLIST: dix live cultes du rock

Dans le rock, l’album live a toujours eu une place à part. En filigrane, la vérité du live: ce moment où le groupe démontre qu’il connaît son sujet. Peut-être plus que dans tout autre style musical, le live revêt alors de l’examen de passage. Cette épreuve du feu fait et défait des carrières. Aujourd’hui, ce sont les seconds qui nous intéressent.

Les groupes ci-dessous ont pour beaucoup bénéficié des lives qu’ils ont publié. Le grand public, souvent américain ou anglais a d’un coup reconsidéré à la hausse des formations du cru qui jusque là peinaient à faire carrière. Ce miracle du live est un pan important du mythe du rock, pourtant certains groupes s’autorisent à retravailler les bandes (avec des overdubs) une fois rentrés au bercail.

Témoignages authentiques (ou non), le live est un essentiel de la discographie de nombreux groupes, notamment ceux que l’on vous présente ici. Et vous, quels sont vos albums live rock favoris ?

01 – MC5 « Kick Out The Jams (1969)

Souvent les live sont considérés à part du reste de la discographie d’un groupe. Dans le cas du légendaire MC5, tout droit venu de Détroit, c’est l’inverse ! Le groupe ose l’impensable: un live en premier album. Pas n’importe lequel de surcroit: Kick Out the Jams (1969) est un classique protopunk/high energy toujours aussi vibrant presque soixante ans plus tard !

02 – The Who « Live at Leeds » (1970)

Orné d’un simple tampon, reprenant l’esthétique des bootlegs alors très populaires, Live at Leeds est un sommet du live rock. Enregistré à l’Université de Leeds depuis une régie mobile installée dans la cafétéria, le groupe britannique les Who est alors à son pic de créativité et maîtrise. Un vrai classique du rock, électrique et frénétique. Dans sa version originale, il ne comporte que six titres car les autres morceaux n’avaient pas un son satisfaisant (des clics sur le bande). Ils ont depuis été restaurés dans toute leur splendeur originale.

03 – Deep Purple « Made In Japan » (1972)

Le Japon réussit aux groupes de rock dans les années 70. Accueillis chaleureusement, dans de bonnes conditions, les formations électriques y donnent souvent des prestations mémorables. C’est le cas de Deep Purple avec leur classique Made In Japan enregistré entre Osaka et Tokyo (au Nippon Budokan). Le groupe y est particulièrement inspiré, notamment l’organiste Jon Lord qui balance ses meilleures improvisations ! Made in Japan donne l’occasion de redécouvrir le répertoire du groupe hard rock britannique sous un autre angle.

04 – Kiss « Alive! » (1975)

Comme beaucoup d’autres artistes de cette sélection, Kiss va gagner ses gallons et monter sa fameuse armée grâce à un live en 1975. Nommé Alive! en hommage au groupe glam-rock britannique Slade, Kiss y démontre l’étendue de son savoir faire. Enregistré en grande partie dans le Midwest (Détroit, Cleveland et Iowa), Kiss livre une prestation dantesque en double vinyle. Ce disque, produit par Eddy Kramer, fut un pari de la dernière chance pour le groupe new-yorkais. Alors que le label Casablanca (surtout connu pour la disco) est au bord de la faillite, Kiss voit l’opportunité dans cette difficulté: exprimer pleinement son talent et leur électricité sur scène. L’histoire leur donnera raison !

05 – Peter Frampton « Comes Alive! » (1976)

Après des passages dans The Herd ou Humble Pie, Peter Frampton entame une brillante carrière solo. Celle-ci trouve son acmé dans la publication de son premier album live début 1976: Frampton Comes Alive!. Avec ce double album, enregistré pendant une tournée américaine (en Californie et à New York), le guitariste britannique devient une superstar mondiale. En plus d’atteindre la première place aux Etats-Unis et d’être top 10 dans de nombreux autres (Allemagne, Angleterre), Frampton Comes Alive! donne ses lettres de noblesses à la talk box. L’écoute de ce double album, vendu à prix réduit, sera une révélation pour nombre de musiciens à l’époque !

06 – Cheap Trick « At Budokan » (1978)

Avec At Budokan (1978), le groupe powerpop du Midwest prend une autre envergure dans son pays d’origine. Jusque là, Cheap Trick avait en effet un peu de mal à se faire une place dans l’élite rock étatsunienne. Avec At Budokan ils deviennent de vraies superstars, notamment grâce à une version sous stéroïdes de leur classique I want you to want Me ! Dans les années 70 où les poseurs étaient dénoncés, la vérité du live était parole d’évangile. Cheap Trick a là obtenu son billet pour l’éternité.

07 – AC/DC « If You Want Blood, You’ve Got it » (1978)

Avec If you want blood (1978), AC/DC fait l’inverse des autres. Plutôt que de jammer à foison comme Deep Purple, le gang australien livre un live concis, à l’os, à l’image de leur musique. Ils ne cèdent pas un pouce à la mode disco, au contraire, ils prêchent leur rock & roll à l’os, ce boogie australien si puissant et vibrant. AC/DC pousse l’ascétisme jusqu’à ne servir que d’un seul concert ! Ce disque est aussi la dernière collaboration avec le duo Vanda/Young des Easybeats, la fin d’une époque indéniablement !

08 – Thin Lizzy « Live and Dangerous » (1978)

Comme AC/DC, Thin Lizzy est un groupe qui s’éclate en concert. Les Irlandais, mené par le bassiste Phil Lynott y donnent le meilleur d’eux même ! Enregistré en 1976 et 77, entre Londres, Toronto et Philadelphie, le groupe se décide à publier un live car leur producteur Toni Visconti n’est pas disponible. Il y aura quelques overdubs, une pratique toujours sujette à caution chez les puristes mais qui n’empêche pas le succès énorme de l’album. Au Royaume Uni, Thin Lizzy atteint ainsi la deuxième place des charts !

09 – Talking Heads « Stop Making Sense » (1984)

L’album live réussit bien aux groupes hard rock mais quant est il des autres ? Stop Making Sense est peut-être le parfait contrepied de cette vérité du live pour le groupe rock. Les Newyorkais ne trichent pas certes mais prennent l’exercice différemment des autres. En plus d’être une prestation filmée, le disque s’ouvre sur une version incroyable de Psycho Killer avec un usage très rafraichissant de la TR-808 de Roland !

10 – Iron Maiden « Live after Death » (1985)

Sorti un an après le live de Talking Heads, Live after Death d’Iron Maiden revient aux fondamentaux du genre: un best of vitaminé où le groupe britannique démontre sa capacité à envoyer du lourd dans l’arène de la vérité ! La mascotte Eddie annonce la couleur: on est pas là pour rigoler ! Pendant presque un an le groupe de NWOBHM enquille les dates à travers le monde. Parfaitement rôdé, Iron Maiden déroule une setlist de rêve, enregistrée principalement au long beach Arena (et un peu à Londres), avec nombre de classiques tels que The Trooper, Running Free, The Number of the Beast ou encore Hallowed be thy name.

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