PLAYLIST: Punk aux Etats Unis (1976-1979)

Il y a deux ans (déjà !) nous évoquions ici même le punk au Royaume Uni mais nous n’avions jamais traversé l’Atlantique du côté des origines du genre.

Dans les années 60, les Etats-Unis s’emparent de la British Invasion avec le garage-rock. Partout dans le pays la jeunesse s’essaye aux riffs des Kinks et autres Yardbirds. Cette musique ne dure que quelques années mais marque durablement les Etats-Unis. Les Stooges ou le MC5 prolongent l’effort dans une nouvelle direction. Rétrospectivement, ces groupes du Michigan (Detroit, Ann Arbor) seront qualifiés de proto-punk. Ils pavent en tout cas la voie à toute une générations de groupes nord-américains punk !

L’épicentre du punk états-unien est indéniablement la grosse pomme. New York, ville d’origine du Velvet Underground ou des New York Dolls est frénétique en ce milieu des années 70. Des lieux comme le CBGB ou le Max Kansas City accueillent de nombreux groupes passionnants comme Blondie, Television, les Talking Heads, Patti Smith et bien sûr des punks purs et durs comme les Ramones, les Dead Boys ou les groupes post-New York Dolls (The Heartbreakers).

L’effervescence gagne le pays. En plus de certaines villes de la côte est (Boston) ou du Midwest (Cleveland), le punk gagne la Californie. San Francisco et Los Angeles s’intéressent très vite au punk et des scènes locales très intéressantes s’y développent. La fin des années 70 est un grand renouveau du rock à guitare le plus épuré et sauvage. D’une certaine manière ces groupes reprennent le flambeau du garage-rock de la décennie précédente.

01 – Richard Hell & The Voidoids « Blank Generation » (1977, NYC)

Richard Hell est une des figures centrales de la scène new-yorkaise punk de l’époque. IL joue notamment dans Television à leur début avant de se faire virer. Il monte finalement son propre groupe: les Voidoids. Avec eux il enregistre un des classiques ultimes du punk, le très rock & roll Blank Generation. En plus de sa carrière musicale légendaire, Richard Hell apparaît dans plusieurs films de Susan Seidelman comme Smithereens ou Recherche Susan désespérément.

02 – Dead Boys « Sonic Reducer » (1977, Cleveland)

Originaires de Cleveland, les Dead Boys rejoignent New York par l’intermédiaire des Ramones. Hilly Kristal, gérant du CBGB devient leur manageur tandis que la chanteuse Genya Ravan produit les démos du groupe qui donneront leur premier album. Parmi les morceaux enregistrés, il y a le classique ultime du groupe, la fabuleuse Sonic Reducer, un des chefs d’œuvre du punk, option méchant !

03 – The Ramones « Beat on the Brat » (1976, NYC)

Les Ramones des faux frangins sont peut être le groupe punk ultime. Rolling Stone USA le pense, mais on serait tenté de leur donner raison. S’il y a un groupe, tous pays confondus, qui a défini le punk dans son expression la plus pure et intense, ce sont bien les Ramones ! En revanche, les Ramones avaient des influences plus riches et pop que beaucoup de leurs contemporains: un vrai goût pour les Beatles, les Girl groups et plus généralement les mélodies. Logo culte, pochette mythique, parfois c’est cool aussi de réécouter les Ramones et se prendre son shot d’énergie joyeuse mais sauvage.

04 – DMZ « Baby Boom » (1978, Boston)

Sorti sur Sire, comme les trois disques précédents de cette liste d’ailleurs, le premier album des DMZ (l’acronyme de zone démilitarisée – la frontière entre les deux Corées) de Boston a été produit par Flo & Eddie des Turtles ! Il a ainsi la réputation de manquer un peu de corps au niveau de la production: à vous de voir mais personnellement je trouve que ça sonne plutôt bien cette histoire ! Après le groupe, trois membres dont Jeff Conolly du groupe forme les Lyres, un des groupes majeurs du garage des années 80.

05 – The Modern Lovers « Roadrunner » (1976, Boston)

Enregistré en 1971/1972 par John Cale du Velvet Underground, le premier album des Modern Lovers de Jonathan Richman ne sort qu’en 1976 sur le label californien Beserkley. Un des chefs d’œuvre du punk. De la morgue, de l’attitude, beaucoup beaucoup de classe, le groupe de Boston est injouable !

06 – The Germs « Lexicon Devil » (1979, Los Angeles)

Avec le temps GI (1979) est devenu l’un des disques les plus emblématiques du punk ricain. Pourtant, les Germs n’étaient pas originaire de l’épicentre du genre (New York) mais de Los Angeles. Dans la citée des anges déchus, ils enregistrent ce premier album avec Joan Jett (ex-Runaways) ! 24 minutes de pure punk bien frénétique. Le groupe se dissout en 1980 avec le décès par overdose de son chanteur, Darby Crash. Un des membres des Germs connaît une belle carrière par la suite: Pat Smear. Les millennials le connaissent forcément à travers Nirvana qu’il rejoint à la fin. On le voit notamment dans le fameux live Unplugged de MTV.

07 – Johnny Thunders & The Heartbreakers « Chinese Rocks » (1977, NYC)

Les Hearbreakers sont un groupe de poissards et de camés jusqu’à l’os. L’héroïne est tellement présente dans la vie du groupe que leur premier single Chinese Rocks y fait référence ! Formés par d’anciens membres des New York Dolls (Jerry Nolan et Johnny Thunders), les Heartbreakers ont du mal à trouver un label aux Etats Unis de part leur réputation sulfureuse. L’aide du Britannique Malcolm McLaren, manager des Sex Pistols, permet finalement au groupe de décrocher un contrat de sortir un premier album, le culte L.A.M.F. (Like a Mother Fucker !). Le parcours du groupe n’en sera pas moins calme après, au contraire même ! Les Heartbreakers sont le chaos et les nombreux mixages de LAMF en sont une belle illustration.

08 – The Avengers « We are the One » (1977, San Francisco)

Si la discographie originale des Avengers est courte, deux 45 tours à l’époque, elle marque les esprits. En effet, San Francisco constitue l’un des grands foyers du punk en Californie avec Los Angeles et Orange County (Agent Orange, The Adolescents, Social Distortion). Du côté de la capitale des hippy le punk vient aussi mettre un bon coup dans la fourmilière ! Les Avengers ouvrent même pour les Pistols en 1978 à leur dernier concert au Winterland. Le groupe est menée par l’incandescente Penelope Houston, une des grandes figures féminines de la première vague punk.

09 – The Weirdos « We got the Neutron Bomb » (1978, Los Angeles)

Actifs entre 1975 et 1981, les Weirdos sont des pionniers du punk californien. Comme d’autres groupes de la première génération, ils se sont mis à faire cette musique dans leur coin et sans connaître l’existence de camarades à travers le monde. Ils sortent deux singles, sur deux labels cultes: Bomp Records et Dangerhouse. Pas mal non ?

10 – Dead Kennedys « California Über Alles » (1979, San Francisco)

Terminons cette sélection dédiée au punk US avec les mythique Dead Kennedys de Jello Biafra. Si leur premier album, l’essentiel Fresh Fruits for Rotting Vegetables sort en 1980, leur premier single sort un an plus tôt en 1979. Le début d’une très longue histoire et de l’un des groupes nord-américains les plus influents des cinquante dernières années.

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